10.07.2007

Plus de 1000 personnes à la réunion de DA Paris le 26 juin

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Pour voir l''intervention de Ségolène Royal à la réunion de Désirs d'avenir Paris, devant plus de 1000 participants :

 

http://www.dailymotion.com/segoleneparis/video/x2dytv_seg...

http://www.dailymotion.com/segoleneparis/video/x2gh2n_seg...

 

Le texte de l'intervention de Ségolène Royal :

Vous êtes très nombreux ce soir !

Et je sais que, par votre présence, vous voulez souligner votre volonté de continuer à travailler.

Je sais aussi que vous vous posez un certain nombre de questions toutes simples : comment on continue ? Quel rôle et quelle place pour Désirs d'Avenir dans la nouvelle séquence ? Comment on s'organise ? Quelles relations avec le Parti Socialiste ? Bref, que fait-on ?

Je vois qu'à Paris, vous avez prévu une séquence de travail très importante, je vous en félicite. Je pense même que ce que prévoit Désirs d'Avenir Paris pourrait servir de modèle pour l'ensemble des 700 Comités présents dans toute la France.

Je vois que vous prévoyez le 7 juillet un débriefing de campagne : j'espère que vous me tiendrez au courant de ses résultats !

Je vois qu'il y a, le 9 juillet, un séance de travail sur << la connaissance du Parti Socialiste >> : c'est très bien !

Je vois aussi un troisième laboratoire, << inventons sans cesse >> : c'est indispensable !

Enfin, << quelle gauche voulons-nous demain ? >>. C'est effectivement le sujet central.

Je trouve tous ces sujets très judicieux.

<< Quelle gauche voulons-nous demain ? >>, vous prévoyez de l'aborder en vous répartissant en plusieurs sous-groupes thématiques : quelle organisation pour la gauche ? quelles sont les valeurs socialistes ? quelle identité pour le Parti Socialiste ? quel nouveau pacte social ? etc.

Je vous encourage à venir très nombreux dans ces groupes de travail.

Et j'encourage Désirs d'Avenir à continuer massivement à se réunir, à discuter, à débattre, y compris à faire le bilan des élections législatives, à éclairer l'ensemble des thématiques qui ont été abordées pendant la campagne, celles qui ont été comprises par les Français et celles qui l'ont moins été, pour que nous puissions approfondir notre réflexion et continuer à revoir les fondamentaux de la gauche. Car là est l'enjeu.

Nous avons mené une campagne belle, ardente, courageuse.

Nous pouvons en être fiers.

Vous pouvez en être particulièrement fiers ici, à Paris, puisque jamais un candidat socialiste n'avait fait un tel score à une élection présidentielle.

Au cours de cette campagne, grâce à vous, nous avons bousculé certaines idées reçues et nous avons revu certaines manières de faire.

Ce travail que nous avons commencé, nous allons le poursuivre !

C'est le principal message que je voulais vous délivrer ce soir.

J'ai besoin de vous et j'ai envie que vous puissiez continuer à vous impliquer à Désirs d'Avenir car ce travail doit partout prendre toute sa place : dans le Parti Socialiste, bien sûr, mais aussi dans tous les mouvements associatifs, dans le mouvement social. Désirs d'Avenir est un mouvement associatif créatif dont les contributions seront mises à la disposition du Parti Socialiste.

Il n'y a pas d'opposition des uns contre les autres, au contraire.

Mon ambition première, c'est que d'autres mouvements associatifs et syndicaux dans tout le pays, que le mouvement de la société civile et, partout, les citoyens de gauche se saisissent de l'enjeu de la rénovation de la gauche.

Désirs d'Avenir a une qualité particulière - notre trésor commun - c'est qu'ici, il n'y a pas d'enjeux de pouvoir ni d'enjeux de désignation pour les futures élections municipales. C'est pourquoi ce lieu à l'abri des arrières-pensées est extrêmement précieux. C'est pourquoi je compte sur vous pour que la réflexion y soit intense.

Je sais que la plupart des membres de Désirs d'Avenir sont aussi adhérents au Parti Socialiste. Tant mieux ! Cela permettra que le lien soit plus étroit entre ce qui y sera dit, entre les idées qui vont y émerger, entre les analyses qui vont y être produites, et la façon dont nous pourrons les mettre à la disposition du Parti Socialiste. Car c'est la tâche qui est aujourd'hui devant nous : donner au socialisme et à la gauche les couleurs de notre siècle, la compréhension de notre époque, donner aux militants et aux citoyens les moyens de construire collectivement des engagements destinés à être compris puis à être tenus.

C'est pourquoi je vous le dis ce soir : ne cédez pas aux fausses oppositions auxquelles on voudrait nous réduire, à gauche, auxquelles on voudrait réduire le socialisme.

Ce soir, je voudrais d'abord affirmer que le réalisme ne s'oppose pas à la radicalité. C'est un thème que je vous demande d'approfondir. La radicalité vraie, celle qui s'attaque à la racine des problèmes pour les régler concrètement, a besoin d'un regard lucide sur la réalité, sur ce qui marche et sur ce qui ne marche plus. C'est à cette condition que nous pourrons réconcilier le souhaitable et le possible.

Autre thème de réflexion : la liberté individuelle ne s'oppose pas aux protections collectives. Là-dessus aussi, je vous demande de réinventer. Les bonnes protections sont celles qui apportent à chacun, où qu'il soit et d'où qu'il soit, un surcroît de liberté, la possibilité de choisir et de construire effectivement sa vie.

De même, la sécurité n'est pas l'ennemie de la prise de risque : elle est la condition pour que s'épanouisse un goût du risque et de l'effort qui soit également accessible à tous et également porteur de progrès.

Corriger les inégalités et lutter contre l'injustice, c'est toujours la mission de la gauche. Mais en n'oubliant jamais, comme le disait Jaurès, que << l'individu est la mesure de toute chose >>. Dans l'actuel débat sur la montée ou non de l'individualisme, il est intéressant de rappeler cette modernité de la pensée de Jaurès sur l'individu. Cela ne veut pas dire qu'il faut en rabattre sur les protections collectives mais que nous devons inventer comment réarticuler cet individu moderne avec les protections collectives nécessaires, en fonction des risques nouveaux auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés, en particulier avec la prise en compte de la globalisation et de la mondialisation.

Voilà la raison d'être des socialistes et des combats de la gauche.

Ces valeurs-là sont intactes.

Nous y sommes plus que jamais fidèles.

C'est au nom de ces valeurs que nous devons mener à son terme le grand chantier ouvert durant la campagne présidentielle, l'actualisation hardie du logiciel socialiste qui est bien autre chose que le recyclage de la social-démocratie des années 50-60.

Vous devez et nous devons aussi attirer largement dans nos réunions des intellectuels, des sociologues, des artistes, des observateurs de la société française. Elargir notre réflexion à la ressource intellectuelle des autres pays européens et même au-delà. Je demande à Désirs d'Avenir d'ouvrir ses portes et ses fenêtres sur les réflexions menées dans d'autres pays car nous sommes tous, à gauche, dans l'ensemble des pays européens et au-delà des pays européens, en recherche de nouvelles solutions qui réconcilient les apparentes contradictions que j'ai évoquées tout à l'heure.

Le monde a changé, la politique doit changer.

Dans le monde d'aujourd'hui, le secret de la réussite, c'est la mobilisation de l'intelligence collective. Cela vaut dans tous les domaines, à commencer par la politique.

Le paternalisme, ça ne marche plus.

Les décisions verticales, ça ne marche plus.

Et cette intelligence collective, c'est notre parti-pris.

Nous avons mis en OEuvre la démocratie participative et nous devons l'approfondir. Au sein du Parti Socialiste aussi qui doit s'en nourrir, s'en enrichir, s'en affermir.

Nous devons nous ouvrir sur le monde tel qu'il est.

Nous devons nous ouvrir à toutes celles et à tous ceux qui ne se résignent pas au désordre des choses, aux politiques destructrices de la droite, et qui veulent prendre leur part de la délibération et de l'action collectives.

Ce lien dialectique, ce cercle vertueux entre le contenu du socialisme du XXIème siècle et la méthode d'une large participation démocratique, c'est de cela que je veux être la garante. Et c'est à cela que je vous appelle à prendre part. Vous, très nombreux à Désirs d'Avenir, qui êtes aussi des militants socialistes et vous qui ne l'êtes pas et auxquels je demande de le devenir.

Il ne s'agit pas de je ne sais quelle lutte des places.

Il s'agit de tenir la promesse faite aux 17 millions d'électeurs qui m'ont apporté leur soutien et, au-delà, à tous les Français.

Je sais bien que nous devons avoir une analyse réaliste du vote.

Bien sûr, sur ces 17 millions de Français, il y en a qui ont voté << contre l'autre >>. Mais à nous de transformer ce vote << contre l'autre >> en adhésion aux idées que nous devons approfondir et mettre en avant.

L'enjeu est donc très important : élargir notre compréhension du monde et faire en sorte que ceux qui ont voté à gauche seulement pour faire barrage à la droite puissent se dire que quelque chose est en train de se passer à gauche, que nous avons envie de travailler collectivement pour inventer ce socialisme et cette gauche du XXIème siècle. Cet enjeu-là est très important.

Je ne suis pas propriétaire de toutes ces voix, personne ne l'est, mais ces voix nous obligent à donner corps à l'espérance qui s'est levée. A ne pas décevoir.

A nous d'apporter au Parti Socialiste notre contribution et l'élan dont il a besoin pour se projeter hardiment dans l'avenir. Il n'est pas question de construire autre chose. Il n'est pas question de laisser dire que nous sommes marginalisés.

Ce Parti Socialiste dont les militants m'ont fait confiance en me désignant, j'éprouve pour lui de l'affection. Je sais que sa force, ce sont tous ses militants, ses sympathisants, ses élus de terrain, leur engagement et leur dévouement à une cause plus grande que nous. Vous l'avez certainement observé : nous avons été beaucoup plus présents que la droite dans le militantisme quotidien, dans les distributions de tracts, dans le contact avec l'ensemble des citoyens. Il n'y a pas eu photo entre la présence militante socialiste, la présence des sympathisants et des citoyens qui se sont levés dans cette campagne, qui ont activement participé, et la présence de la droite sur le terrain.

La tâche qui nous attend, c'est de gagner la bataille des idées contre une droite qui a su, elle, il faut le reconnaître, actualiser son logiciel et face à laquelle nous devons être une force de proposition, de protection et d'imagination.

Au fond, la question à prendre à bras le corps, c'est celle que vous avez retenue : quelle gauche voulons-nous pour la France et les Français d'aujourd'hui ?

Avec quelle lecture de la société et du monde ?

Porteuse de quelles réponses concrètes, crédibles, efficaces ?

Avec quel intellectuel collectif qui respecte ses militants, les associe et, avec eux, la citoyens à l'élaboration de son projet ?

Et aussi avec quelles alliances et sur quelles bases avec les autres composantes de la gauche ? Avec quelles convergences avec d'autres sensibilités républicaines et démocratiques ?

Avec quel nouveau dialogue avec les syndicats, les associations, les mouvements sociaux qui participent, ici et maintenant, de la recomposition démocratique dont le Parti Socialiste doit être, sans sectarisme ni angélisme, le fer de lance ?

Alors, me direz-vous, quelle place dans tout ça pour Désirs d'Avenir ?

Je vous demande d'être l'aile marchante de ce vaste mouvement et de vous mobiliser pour cette politique par la preuve à laquelle je suis attachée.

Quelle gauche voulons-nous demain ? Emparez-vous du sujet, débattez-en et appelez les Français à en débattre avec vous !

Nous ferons une grande assemblée générale de Désirs d'Avenir début septembre et nous produirons nos premières synthèses en octobre, que nous mettrons à la disposition de la réflexion conduite en interne au Parti Socialiste.

J'entends, ici ou là, dire qu'il faudrait refermer la << parenthèse >> de la démocratie participative et revenir aux vieilles méthodes d'antan.

Je crois, tout au contraire, que nous devons déployer et approfondir, comme ce soir, cette démarche.

C'est pourquoi je suis venue vous dire combien je compte sur vous, sur tous ces liens que vous avez tissés entre vous et avec nos concitoyens. Je compte sur votre énergie, sur votre liberté de ton, sur votre capacité de mobilisation et de proposition.

Je suis aussi venue vous dire de vous impliquer dans la nécessaire mutation du Parti Socialiste. Beaucoup d'entre vous le sont déjà : militants Désirs d'Avenir et militants socialistes, ce sont les deux facettes d'un même engagement.

Soyons donc les militants d'une alternative crédible en 2012 et d'une opposition constructive dès maintenant en 2007, en lien avec les autres mouvements associatifs, avec les organisations syndicales, avec toute la société française.

La gauche doit se mettre en mouvement pour inventer des solutions créatives et constructives. Ce travail, nous allons le faire en harmonie avec le Parti Socialiste. Je sais bien que dans certaines fédérations comme à l'échelle nationale, il y a parfois des frictions entre les uns et les autres. Ces frictions n'ont plus raison d'être et je veux m'y employer. C'est à cela que je vous invite. Dans ce mouvement, Désirs d'Avenir doit prendre toute sa place. C'est un lieu de débats à l'abri, je le répète, d'enjeux de pouvoir et de désignation, c'est ce qui en fait le prix. Ce lieu de débats, d'imagination, de créativité, ces liens amicaux que nous avez construits sont irremplaçables. Pour surmonter les divisions traditionnelles, il faut que nous fassions sur nous-mêmes un effort de dépassement et c'est pourquoi je m'emploierai à faire en sorte que, dans toutes les fédérations, Désirs d'Avenir soit reconnu comme producteur d'idées qui seront versées à la délibération du Parti Socialiste.

Je compte sur vous.

Je compte sur votre présence, sur votre mouvement, sur votre imagination.

Je compte sur vous pour l'émergence de propositions crédibles.

Je compte sur vous pour libérer la parole.

Je compte sur Désirs d'Avenir pour administrer la preuve du possible.

Je compte sur Désirs d'Avenir pour apporter au socialisme de notre époque le renfort de notre idéal, de nos méthodes, de nos raisons d'y croire et de nos façons de faire, à l'écoute des Français. Car la France a besoin de cette oeuvre collective des militants et des sympathisants pour que, demain, la gauche soit à nouveau victorieuse !

 

 

18.06.2007

Les électeurs de gauche au rendez-vous : réactions

b1f8a9722d2f3676c33e83f6bb348bdf.jpgSégolène Royal a jugé dimanche soir que "la dynamique de l'élection présidentielle s'est prolongée". Lors d'un discours de quelques minutes depuis son fief de Melle (Deux-Sèvres), l'ancienne candidate a cité les "défis à relever" par le Parti socialiste s'il veut "continuer le travail d'imagination" initié pendant la campagne présidentielle.

Mme Royal a estimé que les Français "ont voulu par leur vote donner un sens à la République, une liberté démocratique avec une vraie force d'opposition constructive. Le mouvement et la dynamique de l'élection présidentielle s'est prolongé. Entre les deux tours, il y a eu une prise de conscience. L'opposition aujourd'hui à la tâche de surveiller, de protéger et aussi de proposer".

Les électeurs "attendent de nous de continuer le travail d'imagination pour répondre aux défis de ce siècle et aux urgences quotidiennes. Le travail commencé doit être poursuivi", a-t-elle ajouté.

Ségolène Royal a donné l'impression de préparer sa motion du prochain congrès du Parti socialiste, citant les "quatre défis à relever" par le PS, ainsi que les propositions qu'il doit faire: "le défi du travail pour tous et du pouvoir d'achat", "la lutte contre le réchauffement climatique", "l'invention de nouvelles relations Nord-Sud", "la diminution de la dette".

Elle a souhaité une "opposition" qui pèse sur "le bon fonctionnement des institutions", qui "veille au renforcement de la démocratie" et "à la mise en place de la démocratie participative". "C'est tout cela la nouvelle frontière de la gauche (...) Le travail continue, les socialistes unis et rassemblés vont montrer qu'ils en sont capables", a conclu Ségolène Royal.

Source : AP

Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle : Les électeurs ont souhaité "une vraie force d'opposition constructive. Entre les deux tours, il y a eu une prise de conscience. L'opposition va peser pour un bon fonctionnement des institutions"

Elle sera "candidate au poste de Premier secrétaire du parti [si son] projet de rénovation est majoritaire" (Information divulguée dimanche 17 juin, et qui apparaît dans un livre intitulé "Les coulisses d'une défaite", à paraître mercredi, où elle annonce aussi sa séparation d'avec François Hollande).

François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste : "Nos concitoyens ont entendu installer une force face aux nouveaux pouvoirs permettant l'équilibre et le contrepoids indispensables en démocratie. Et ils ont voulu aussi exprimer un doute voire une crainte à l'égard des premières mesures injustes du gouvernement de François Fillon et notamment l'annonce de cette TVA sociale et les franchises médicales. Ils ont aussi réprouvé la méthode qui consiste avant les élections à ne pas avouer clairement les intentions du nouveau pouvoir. La vague bleue annoncée qui devait déferler n'a donc pas eu lieu. Il y aura dans la prochaine assemblée et tant mieux de la diversité et du pluralisme, c'est bon pour le pays". (Déclaration, dimanche 17 juin)

"Nous, l'opposition, allons tous les six mois faire une évaluation de la politique gouvernementale, sur quatre sujets majeurs : le pouvoir d'achat, l'emploi, combien il y a eu de créations d'emploi, les comptes publics et la sécurité et les violences".

Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste a salué "un rebond spectaculaire du Parti socialiste et de la gauche" (Sur TF1, dimanche 17 juin)

"Il va falloir refonder le Parti socialiste" en abordant "d'abord les questions de fond"

Elisabeth Guigou, ancienne ministre socialiste : "Les Françaises et les Français n'avaient pas voulu donner tous les pouvoirs à Nicolas Sarkozy"

Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire, le Parti socialiste doit "tourner la page d'un certain passé. Rien ne sera plus comme avant au parti socialiste".

Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris : Le score du Parti socialiste ne le dispense pas "de son devoir d'unité"

Martine Aubry, maire socialiste de Lille : "Les Français ont compris depuis cinq semaines que ce qui les attendait n'est pas ce qu'ils avaient cru, même si le gouvernement avance masqué, le masque commence à tomber et les Français commencent à prendre conscience de la réalité. Les salariés ont compris que ce n'était pas l'augmentation des salaires qui était l'objectif du gouvernement, ils ont aussi compris que l'objectif de Nicolas Sarkozy n'était pas de les rendre tous propriétaires mais de donner des avantages fiscaux à ceux qui étaient déjà les plus riches, comme d'ailleurs en ce qui concerne les droits de succession"

Jean-Marc Ayrault, député-maire PS de Nantes, s'est dit "favorable à ce que Ségolène Royal prenne des responsabilités" à la tête du PS

Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), s'est réjoui de ce que "le sursaut attendu est au rendez-vous. La Gauche a su se mobiliser et se rassembler, pour exercer un contre-pouvoir efficace à l'Assemblée nationale. Avec un groupe féminisé, les Radicaux y prendront toute leur part".

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste : "C'est un très bon résultat pour le Parti communiste"

"Il faut qu'il y ait un débat à gauche, mais pas un débat d'appareil, d'état-major. Un débat populaire dans chaque commune, dans chaque village, dans les entreprises, dans les quartiers de toute la gauche, et pour notre part ce que vous attendez du Parti socialiste. Il faut que chaque organisation tire les enseignements de cette période et se questionne sur ses propres objectifs, sur sa propre démarche, mais nous avons besoin d'un débat populaire. Nous allons pouvoir à partir de cette force à l'Assemblée nationale lancer un grand débat à gauche pour réveiller la gauche, pour que de nouveau la gauche mène le combat d'une véritable alternative".

Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) : "L'idée de la TVA anti-sociale a été rejetée massivement"

La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) : Les résultats "atténuent la vague bleue annoncée. Même si l'abstention et l'absence de toute proportionnelle enlèvent toute réelle représentativité à l'assemblée élue. Une nouvelle fois une partie de l'électorat de gauche des quartiers populaires ne s'est pas déplacée. Visiblement, l'annonce des premières attaques sociales du gouvernement, notamment la TVA sociale et la franchise médicale, ont poussé de nombreux électeurs à donner un premier avertissement au gouvernement. La véritable opposition sera dans les luttes. Sarkozy et Fillon ne méritent aucun état de grâce. Il est temps que les salariés disposent d'un parti aussi fidèle à leurs intérêts que l'UMP l'est à ceux du Medef. La LCR consacrera tous ses efforts dans les mois qui viennent à ce qu'un tel parti anticapitaliste voit le jour rassemblant tous ceux et toutes celles qui veulent que s'affirme une gauche de combat".

Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles : "Je pense qu'il faut que nous acceptions l'ouverture qui nous est proposée par Mme (Marie-George) Buffet, que nous siégions à côté du PCF et d'autres forces de la gauche pour avoir un groupe autonome à l'Assemblée nationale, autonome du Parti socialiste. Quatre (députés verts), c'est mieux que rien, mais ça ne peut pas nous satisfaire quand on sait le poids de nos idées aujourd'hui. Nous avons toujours réclamé l'introduction de la proportionnelle".

Christian Paul, député socialiste de la Nièvre : Le "PS anesthésié n'attire plus les Français" et "la question de sa survie est posée. Les Français, ils nous l'ont dit dans ce second tour, nous donnent encore une chance. Le PS doit enfin se mettre au travail. La rue de Solférino est devenue 'la rue des boutiques obscures', où clans et tribus s'affrontent et se neutralisent sans d'autres enjeux que le pouvoir des uns au prix de l'éradication des autres. Le PS a fait le plein de leaders, mais pour le leadership des idées, il a fait le vide".

Manuel Valls, député socialiste sortant : "Ce vote est d'abord une immense exigence de renouvellement pour nous. Le fait que nous ayons plus de 200 députés va amener de nombreux jeunes et nouveaux parlementaires, hommes et femmes, du côté socialiste. Cela permet aussi de montrer un autre visage du PS. Nous avons une véritable opposition et des fondements pour reconstruire; ce que les Français attendent"

Jean-Paul Huchon, président socialiste de la Région Ile-de-France : "C'est la méthode du gouvernement qui est en cause. Est-ce qu'on doit mener le projet de Nicolas Sarkozy à toute allure dans tous les sens en faisant toutes les réformes en même temps au risque de trouver des désordres et des incompréhensions comme on l'a vu sur la TVA sociale ? La réponse des Français a été (...) d'une intelligence confondante. Le PS doit aller vers les Français, vers le corps social, les associations, les gens qui ne sont pas de chez nous. On peut penser à quelque chose comme les états généraux pour faire émerger ce qu'est le pays réel et le socialisme réel"

Gaëtan Gorce, secrétaire national du Parti socialiste, appelle à un "changement de direction" à la tête du parti

Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, estime que si "le PS n'est pas rénové très largement", il sera battu aux élections municipales de 2008.

Michel Laurent, membre de la direction du Parti communiste français : "La démocratie exige que leur voix puisse être entendue demain à l'Assemblée par la reconnaissance d'un groupe des députés communistes et apparentés. La résistance à ce qui était présenté comme une 'vague bleue' irrésistible a été bien plus forte que prévue. [Le président de la République et le gouvernement] ne peuvent pas conclure de ces élections que le soutien des Français leur est acquis et qu'ils ont maintenant les mains libres pour réaliser les rêves de la droite décomplexée et du grand patronat".

Source : Nouvelobs.com

 

14.06.2007

Les socialistes autour de Ségolène Royal

Eléphants du PS, vous qui vous adonnez au jeu de règlements de compte, avez vous conscience que vous démobilisez ainsi les militants engagés dans la campagne ? Querelles de clans, manifestations de vos égos de chefs relayés par vos lieutenants, vous donnez le sentiment de jouer avec la « machine à perdre » ! Au moment où Sarkozy, titre le Monde, « tend la main au Modem », voilà que vous fermez la porte à double tour ! Heureusement que François Hollande, qui a tant donné, garde courageusement la barre dans la tourmente.

 

            Mais quelle est aujourd’hui votre représentativité au PS ? Nous les militants, sommes en droit de nous le demander. En tout cas, vous devriez savoir que le verrouillage n’est jamais le bon moyen de rebondir, bien au contraire … C’est que vous n’admettez visiblement pas, pour nombre d’entre vous, que le cycle d’Epinay est arrivé à son terme, comme la stratégie d’union de la gauche, et pour tout dire que l’alliance avec le PCF n’est plus un critère d’ancrage à gauche. Ne vous rendez vous pas compte que le jeu des clans organisés et structurés à votre profit a dénaturé la saine compétition des courants de pensée au PS ?

 

            Les militants socialistes, j’en suis convaincu, mènent ce combat du 2ème tour du mieux qu’ils peuvent, soucieux de rassembler le plus large possible autour de leurs candidats. Il ne s’agit aucunement d’improviser une alliance avec le Modem, mais du vieux réflexe du désistement républicain face au risque d’Etat  partial qui menace. A quoi sert par exemple la seule triangulaire de ce 2ème tour qui risque de faire élire un député UMP de plus ? Pourtant plusieurs candidats MoDem font le choix de favoriser les candidats socialistes, tel Azouz Begag dans le Rhône. Puisse son exemple être suivi face à la menace de déferlante UMP !

 

            Ségolène Royal a bien raison de dire tout haut ce que nous pensons tout bas. Elle sait qu’elle a auprès d’elle une large majorité de socialistes !

 

                                  Gérard Denecker,    un ancien du Congrès d’Epinay

23.05.2007

A Ségolène Royal

Chère Ségolène Royal,

 

Vous aviez tous les handicaps, de temps, de leadership, de sexe, de programme, vous aviez contre vous des cadres du PS et la machine de guerre d’en face, les grands médias verrouillés, vous manquiez de moyens et de soutiens, et pourtant vous avez fait la campagne la plus inspirée, jeune, audacieuse, novatrice et loyale, la plus intelligente et humaine que nous ayons connue. Vous avez levé un enthousiasme citoyen, une foi en la démocratie, que la gauche avait perdus.

Vous avez totale légitimité, la seule à nos yeux, avec la nouvelle garde dont vous êtes entourée, à reconstruire, à reformuler en termes contemporains les exigences de gauche, et à refondre le PS. Vous n’y avez pas échoué, vous avez commencé, et bien plus qu’on ne croit. Vous avez démontré vélocité intellectuelle, élan et ambition rassembleuse, ouverture et énergie constructives, sans tabous ni compromis opportunistes.

Vous avez donné un coup de vieux aux éléphants égotistes et aux calculs d’appareil obsolètes. Cette image de pachydermes nous plombe : nous avons besoin de tigres. Ce n’est pas mépris, c’est constat qu’ils ont fait leur temps, et suffisamment failli, pour que nous exigions la relève.

 

 

Quel slogan ils nous ont trouvé : La gauche qui agit, la gauche qui protège ! Slogan sans énergie, sans inspiration. Pire : ringard, anachronique. Quelle boîte de com paresseuse, quel staff épuisé a trouvé ça ? Consternant.

Et contre votre campagne, qui s’est faite contre l'idée de protection, tout ce qu'elle entend sémantiquement d'assistanat, de maternage, de dolorisme, de passivité, de caritatif, et d’impuissance. La protection est dévaluée, non seulement  inopérante, mais démobilisatrice. La France n’a pas à être protégée, elle a à combattre.

 

 

Le PS n'a pas à protéger, il a à lutter, défendre, attaquer. Il a à veiller, dénoncer, contester, proposer. Il a à repenser la gauche.

 

 

 

Après la chute du mur, la question : « qu’est-ce que le socialisme ? » est dépassée. Posons-la autrement : qu’est-ce qu’être de gauche ?

Par exemple : qu'est-ce qui relève du  marché et qu'est-ce qu'on en soustrait qui relève du service public? Et encore: la définition du service public comme mission et non comme statut ?... Cela concerne les territoires, les transports, l’environnement, la santé, l’éducation et la culture, l’habitat, le travail, les médias…

Et encore : qu’est ce qui est non négociable de notre histoire humaniste et de ses valeurs : cela concerne la laïcité, le droit, les moeurs politiques et de l’entreprise, les institutions, les relations internationales…

 

 

Recrutez la jeunesse, les élites intellectuelles et économiques, les experts de tous horizons qui sont la relève générationnelle, les sages expérimentés que avez mobilisés pendant la campagne. Renouvelez les cadres politiques et les conseillers. A vous d’affiner la synthèse des idées, à vous de tracer la ligne d’avenir, qui doit redéfinir la gauche.

Commencez tout de suite, dans les plus brefs délais. L’attente est immense, votre responsabilité aussi. La droite dure qui est au pouvoir doit rencontrer notre opposition dure.

Nous ne sommes pas dans l’obscurité, nous laissons la lumière allumée.

Nous vous faisons confiance. Nous voulons bien passer les législatives, en bons petits soldats, mais ensuite : pas de quartier, foncez. Courage, nous vous suivons, des millions.

Anne-Marie Garat, Ecrivain.

09.05.2007

Les résultats du vote du 6 mai : premières analyses

Régions   La France de Nicolas Sarkozy vit dans l'est et le nord du pays, celle de Ségolène Royal dans le Sud-Ouest et en Bretagne. La France de Sarkozy habite plutôt en milieu rural et dans les plus grandes métropoles, celle de Royal dans les villes, petites ou moyennes, de province et dans l'agglomération parisienne. La France de Sarkozy est, d'une certaine façon, une sorte de miroir inversé du scrutin du 5 mai 2002 : le nouveau président de la République fait ses meilleurs scores en Alsace, dans une partie des régions Rhône-Alpes et Provence - Alpes - Côte d'Azur. C'est là que Jacques Chirac, lors du second tour de la présidentielle de 2002, avait enregistré ses moins bonnes performances, au profit de Jean-Marie Le Pen ­ confirmant ainsi la fuite des ex-électeurs lepénistes, amorcée le 22 avril, chez Nicolas Sarkozy.

Les villes, plutôt Royal

Le scrutin de dimanche révèle un paradoxe. Dans une France urbaine et majoritairement à droite, les villes restent à gauche ­ y compris celles qui, de toute éternité, se donnent des maires conservateurs. Le cas de Bordeaux est, à cet égard, spectaculaire : voilà une ville gaulliste depuis la Libération qui, il y a sept mois à peine, réélit un Alain Juppé tout juste sorti de sa période d'inéligibilité... et dimanche accorde 52,44 % de ses voix à la socialiste, là où, en 1995, Jacques Chirac avait flirté avec les 56 %.
Caen, que la gauche essaie en vain de conquérir depuis des générations, a voté socialiste à 56,60 % (contre 50,5 % en 1995). Saint-Etienne, dirigé par un maire UMP, n'a accordé qu'un médiocre 48,44 % à Nicolas Sarkozy (Jacques Chirac avait réuni 53,7 % des suffrages en 1995). De nombreuses préfectures ou sous-préfectures de taille modeste telles Rodez (Aveyron), Privas (Ardèche), Sedan (Ardennes), Laon (Aisne) ou Laval (Mayenne) ont placé Ségolène Royal en tête alors même que leur département votait en majorité en faveur de Nicolas Sarkozy. Même là où les bastions traditionnels de la gauche vacillent ­ le département du Nord ­, les villes résistent (Lille donne 55,92 % des suffrages à Ségolène Royal, contre 53,1 % pour Lionel Jospin en 1995). De plus, malgré un score national inférieur à celui de Jospin en 1995, Royal fait mieux dans de nombreuses villes (Grenoble, Le Mans, Montpellier, Brest, Clermont-Ferrand...).

Sans doute ce résultat tient-il à la composition sociologique de ces villes de taille moyenne où l'importance des fonctions publiques d'Etat (enseignants, services publics divers) et des services hospitaliers (l'hôpital est souvent le premier employeur local) trouve une traduction immédiate dans les urnes. Ce n'est pas la France des CSP +, pro-Sarkozy, plutôt celle de professions intermédiaires ou des employés, encore marquée par un vote à gauche.

Le trouble centriste

Dans cette géographie, les trois plus grosses métropoles du pays (Paris, Lyon, Marseille) font exception puisqu'elles ont majoritairement voté pour Nicolas Sarkozy ­ d'une courte tête à Paris. Une autre exception de taille : Dijon, la ville dont François Rebsamen, codirecteur de campagne de Royal, est le maire, qui a donné 52,57 % à Nicolas Sarkozy.

Les électeurs de François Bayrou au premier tour se sont reportés, disent les études d'opinion, à une quasi-égalité entre les deux finalistes du 6 mai. Il n'empêche. Manifestement, la campagne du leader centriste, l'absence de consigne de vote pour le second tour, les grands écarts de la majorité des députés UDF appelant à voter Nicolas Sarkozy après avoir expliqué pendant trois mois que l'avenir était au centre ont donné le tournis à la base électorale.

Prenons Rouen. Jacques Chirac y avait recueilli 52 % des voix en 1995, le maire, Pierre Albertini, y est UDF, et il avait été un des tout premiers à entamer le grand virage sarkozyste en invitant le président de l'UMP dans sa ville pour un meeting de l'entre deux tours. Les Rouennais ont été 53,90 % à voter Royal. Prenons Amiens dont le maire, le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, n'a jamais suivi le président de l'UDF dans son aventure présidentielle : 54,5 % en faveur de la candidate socialiste, là où Jospin n'avait fait que 52,1 % en 1995. Prenons Blois, enfin. L'ancienne ville du socialiste Jack Lang, gagnée par l'UDF Nicolas Perruchot en 2001, a voté Ségolène Royal (50,57 %) quand l'ensemble du département du Loir-et-Cher disait oui à Nicolas Sarkozy (55,92 %).

Les départements, à droite toute

Le Nord a voté Sarkozy. Le symbole est fort, qui décrit l'itinéraire d'une région pétrie d'histoire socialiste, tentée par un fort vote Front national en 2002, et qui finalement choisit la droite en 2007. Le bon score de Ségolène Royal à Lille n'y aura rien changé, et les exemples sont nombreux de ces départements où, malgré l'ancrage socialiste des villes, Nicolas Sarkozy l'emporte haut la main. Ainsi en va-t-il du Doubs, du Cher, de la Seine-et-Marne ­ pour ne prendre que l'exemple de quelques départements gagnés par la gauche à l'issue des élections cantonales de 2004, qui se sont révélés fervents sarkozystes dimanche.

Nicole GAUTHIER / Libération

05.05.2007

Un cri du coeur !

   Vendredi 4 mai 2007 

  REVEILLEZ VOUS ! VOUS N’AVEZ PAS RÊVÉ !

Non, vous n’avez pas rêvé ! C’est bien Ségolène Royal qui a remporté le débat télévisé du 2 mai !

Non, vous ne vous êtes pas trompés : Ségolène Royal incarne bien vos désirs d’ouverture, vos besoins de vivre autre chose, votre courage de changer et de transformer le quotidien, votre envie d’innover et de vivre autrement dans une France apaisée et qui va de l’avant.

Non, Nicolas Sarkozy n’est pas celui qu’il s’est efforcé de paraître dans ce débat : le dirigeant compétent qui rendra des comptes, le gentil républicain respectueux des journalistes, l’homme poli et affable en présence d’une dame… Et ses idées ne sont pas cet aggiornamento rassurant que « tous les autres pays » auraient réalisé avant nous !

Le seul problème, c’est que nos commentateurs patentés de la vie politique, ceux qui produisent le discours officiel sur ce que nous sommes censés vivre, ce que nous ressentons, comment nous allons, ce que nous aimons, …ne sentent pas ce que nous sentons, ne jugent pas avec nos critères, ne comprennent pas où nous voulons aller, et n’ont pas les clefs de nos désirs d’avenir !

Après une phase de repli, ces derniers mois, des experts et des journalistes, contrits de devoir céder la place à des « panels de citoyens », nous revoilà sommés, en cette dernière semaine campagne, de suivre nos habituels directeurs de conscience.

Et ils nous disent que Ségolène a perdu la bataille.

Alors, cela produit un drôle de choc dans nos têtes, et nous nous sentons très mal, comme d’ailleurs en 2005, quand les medias ont matraqué l’opinion avec leurs allants de soi sur l’Europe, alors que plus de la moitié des Français étaient aux antipodes de leur conception.

Nous ne savons pas si vous êtes comme nous, mais nous, à la fin du fameux débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy , nous avons jugé que la candidate de la gauche avait largement dominé Nicolas Sarkozy. A la Mairie du IIIe, 300 personnes ont suivi le débat ensemble, sous le regard de journalistes de la presse internationale venus observer de près la façon dont les Français vivent l’affrontement entre les deux candidats restés en lice. La grande majorité des spectateurs la donnaient largement en tête, nettement meilleure que lui.

Mais nos commentateurs patentés, un instant déstabilisés, ont repris leurs esprits. Soit ils ont jugé qu’elle avait juste réussi à faire jeu égal, soit ils l’ont trouvée méchante et agressive.

Pourtant, le lendemain, dans les rues de Paris, des militants UMP nous confiaient leur désappointement devant la contre performance de leur candidat. Des partisans de DSK nous avouaient avoir été épatés par l’intelligence de Ségolène Royal : un vrai scoop pour eux !  Des militants d’extrême gauche nous vantaient son courage politique. Les auditeurs de France Inter faisaient état de la surprenante domination de Ségolène Royal lors du fameux face-à-face. Raymond Depardon soulignait que malgré tous ses handicaps, et contre toute attente, des commentateurs spécialisés, elle avait remporté le match.

Oui, mercredi soir, devant l’écran, nous avons vu une Ségolène Royal dans toute sa grandeur, relever le défi du duel télévisé avec panache, hisser ce débat au niveau des enjeux économiques, écologiques, sociétaux et internationaux. Nous avons entendu une Ségolène Royal dans toutes ses compétences et sa capacité d’affirmer des options politiques fortes, devant un Nicolas Sarkozy qui tentait en vain d’annuler tout ce qu’elle disait. Nous avons passionnément suivi pendant près de trois heures cette femme qui s’affirme enfin au vu et au su de tous, dans toute son intelligence, balayant les critiques et les attaques sur son incompétence, et sa soi-disant faiblesse. Nous avons vu un candidat de la droite jouant médiocrement petit bras, devant cette femme dont l’envergure de chef d’Etat ne pouvait plus être mise en doute. Nous avons eu une Ségolène Royal affirmant ses valeurs d’ouverture, de négociation, de métissage, luttant pour sa méthode de dialogue et de concertation, laissant place aux autres, à l’intelligence des autres, à l’investissement des citoyens dans son projet, défendant les liens entre les différents thèmes abordés et la complexité des problèmes posés. Nous l’avons vue radieuse et lumineuse dans son plaisir de débattre et d’ouvrir les questions sans tabous, un plaisir qui laisse augurer un art de gouverner autrement, avec de vraies valeurs. Nous l’avons vue ouvrir les questions de façon créative, prendre le risque d’engager des négociations sans prétendre tout maîtriser à l’avance et faisant confiance aux capacités des personnes concernées.

Quand elle s’est mise en saine colère, à propos de la scolarisation des handicapés, elle a montré sa dimension humaine, son authenticité, son écoute des émotions, défendant avec cœur - les hommes diraient tripes - des sujets cruciaux pour notre société que ce soit le handicap, le chômage des jeunes, le sous emploi des seniors, la place des femmes, les petits salaires et les petites retraites. La colère est une belle alerte quand elle fait barrage à l’inacceptable.

Et Nicolas Sarkozy ? Qu’a-t-il montré de lui ? Lui, c’était l’homme qui ne sait pas écouter ni regarder dans les yeux l’autre en face de lui, celui qui sans cesse interrompt la parole de l’autre, essaye d’étouffer sa pensée, rabat le débat sur le partiel, réduit les idées au chiffré, pratique le découpage du raisonnement en rondelles, refuse d’affronter la complexité et le lien entre les différents thèmes. Sa France est coupée de façon simpliste en deux camps, les bons et les mauvais, les étrangers sont chez lui l’ennemi qui menace l’identité nationale. Il invoque Blum et Jaurès quand il met la barre à droite. Il parle de rendre des comptes alors qu’il est le candidat sortant et que son bilan est mauvais, mais jamais il n’aborde la question de ses résultats, ou alors pour se plaindre de n’avoir pas eu « les pleins pouvoirs ». Il distille la haine, et se plaint d’être haï. Il parle de stature d’homme d’Etat quand son programme n’est qu’une soumission au libéralisme. Elle annonce qu’elle gouvernera, il annonce qu’il ira dans le sens du courant et accuse Ségolène Royal d’immobilisme. Il se présente comme compétent, mais il est par exemple le ministre qui a signé le décret sur l’EPR, et qui ignore quel type de réacteur il a autorisé. Son projet de changement en appelle aux valeurs du passé, son Europe, qui sera mise en place sans nouveau débat, est une Europe étriquée. Bref, il est toujours à l’envers de ce qu’il dit et prétend être, il dit le contraire de ce qu’il fait.

Mais rien de tout cela n’émerge à la radio, dans les sondages. Alors qu’elle est au summum de sa puissance, visible par tous ceux qui la rencontrent dans ses meetings, qu’est ce qu’on entend raconter dans les medias et les sondages ?

Quand elle n’est pas renvoyée dos-à-dos avec son concurrent, Ségolène Royal est descendue, on nous explique qu’elle a perdu le débat et par là les élections !

Sa compétence ne serait qu’une incompétence masquée.

Sa colère est interprétée comme un manque de contrôle de soi bien féminin : elle aurait « perdu ses nerfs » !

Son agressivité est jugée inconvenante pour une femme.

Quand elle demande des comptes, c’est le pauvre Nicolas qui est plaint car il n’aurait pas eu suffisamment de pouvoir pour agir depuis cinq ans.

Quand il se plante et commet les plus grosses bêtises, il paraît que ce n’est pas grave car Ségolène aussi a commis des erreurs.

Quand il ne la regarde pas dans les yeux, savez-vous que c’est la faute à Ségolène ? Poivre d’Arvor aurait confié qu’elle regardait un point à côté de lui, elle ne le regardait pas. Voilà pourquoi il a été obligé de baisser les yeux et de regarder ses notes.

Chacun sait que l’enjeu de Nicolas Sarkozy dans ce débat était de ne pas se montrer agressif. On l’a donc vu sans défenses, parce qu’il n’a plus rien pour lui, quand il n’a plus le droit à l’agressivité et à la menace. Il n’est alors plus qu’un petit garçon, quémandant comme l’ont souligné les auditeurs de France inter, l’approbation des journalistes, triturant son stylo devant la méchante Ségolène.

Ces commentaires qui neutralisent, qui nient ce que nous avons vu, vécu, entendu, qu’est ce que c’est ?

Sans doute une réaction très profonde de peur de porter au pouvoir une femme qui incarne le changement.

C’est un gommage mental, un effacement de nos émotions, un lavage de cerveau. Il ne s’est rien passé, nous n’avons rien vu. On reprogramme nos pensées et on les oriente dans le sens contraire à nos idées, opposé au mouvement dans lequel nous sommes.

Mais la puissance au féminin n’est pas une menace, c’est une invitation à créer. Il ne faut pas se laisser  impressionner par le score dans les sondages du gagnant annoncé, et voter pour lui sous prétexte qu’il va gagner, comme pour se protéger de l’échec.

On ne peut pas annuler le mouvement de fond auquel on a assisté depuis un an.

La gagnante, c’est elle, et pas seulement la gagnante du débat télévisé.

Elle est la gagnante parce qu’elle a remis la France en mouvement.

Depuis un an, nous sommes entrés en campagne pour Ségolène Royal.Cela aura été pour nous un an de remises en question constantes et fructueuses.

Un an aux côtés d’une femme qui travaille sans tabous, et bouscule l’ordre des choses : les éléphants, bien sûr ; l’appareil du parti socialiste; les militants et les sympathisants, la gauche dans son ensemble et certaines de ses idées toutes faites, mais aussi les enseignants, les experts, les journalistes. Et la droite. Elle a ouvert toutes les voies, tout ce qu’elle a dit a structuré les débats depuis un an. Elle a réconcilié les classes populaires avec le PS. Sa méthode de campagne a bouleversé les traditions politiques et médiatiques. Avec elle, le PS a été propulsé en avant, toutes les lignes ont bougé et un centre a émergé.

Elle a toujours été combattue : chacune de ses initiatives a été dénigrée, niée. Son échec a été annoncé à chaque étape.

Une fois de plus, on nous prédit l’échec. Une fois de plus, et encore plus que d’habitude ! Ne nous laissons pas enfermer dans ces constructions défaitistes, destructrices et manipulatrices. Jusqu’à dimanche matin, il faut convaincre, entraîner. Votons, votez, faisons voter Ségolène Royal. Battons-nous à ses côtés jusqu’au bout !

 

Fabienne Fillion et Christiane Gilon

Démocratie Participative Paris d’Avenir

03.05.2007

Ségolène Royal, présidente !

SRA

 SRL

A trois jours du deuxième tour de la présidentielle, la candidate socialiste a tenu son dernier grand meeting de campagne, à Lille, sur un ton exalté, se posant en rassembleuse de "toutes les générations", "tous les enfants" et "toutes les croyances".

Devant plus de 20.000 personnes et un parterre de responsables de gauche, dont Jacques Delors, la présidente de la région Poitou-Charentes a prononcé un discours de près d'une heure à forte teneur sociale, défendant ses propositions d'un syndicalisme de masse et d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour le grand âge et la dépendance.

"La France présidente garantira à chaque salarié la possibilité de progresser dans son travail, sa qualification, son salaire. Voila ce que j'appelle construire un avenir pour chacun, le respect pour chacun et le progrès social pour tous", a-t-elle déclaré, reprenant l'un de ses slogans de campagne.

"Je ne veux plus voir un ouvrier, une ouvrière commencer au smic et 40 ans plus tard terminer au smic", a-t-elle insisté depuis une petite avancée de scène blanche parsemée de roses rouges.

Rythmée par les mots "sourire", "bonheur" et "joie", son allocution a parfois pris des accents mystiques avant de se terminer sur la Marseillaise, qu'elle a, une fois n'est pas coutume, entonnée avec le public.

"Ce n'est pas la part d'ombre qui sommeille en nous-mêmes, dangereusement flattée ici ou là, ce n'est pas la part d'ombre que je veux réveiller, c'est la part de lumière, c'est la part de l'espérance", a-t-elle assuré sous les yeux d'une grande partie de son équipe de campagne, ses trois porte-parole, ainsi que Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Elisabeth Guigou.

" Ne vous démobilisez pas ! "

"Nous n'avons pas un esprit de revanche, nous un avons un esprit de conquête. Nous avons la joie au coeur" pour "mettre fin à un système dépassé qui a tellement aggravé les inégalités", a poursuivi la candidate de gauche au lendemain de son face-à-face télévisé avec Nicolas Sarkozy.

Quelques heures après avoir déclaré qu'elle travaillerait avec les centristes une fois élue - et François Bayrou en personne - elle s'est adressée à "ceux qui hésitent encore" et même à "ceux qui ont pris une autre décision".

"Peut-être qu'elle n'est pas définitive", a-t-elle déclaré dans un sourire. "En vous voyant, ils ont envie de nous rejoindre, de participer à cet élan d'affection, de solidarité (...) En nous voyant nous aimer si fort, ils ont envie de faire partie de ce moment exceptionnel", a souligné la présidente de Poitou-Charentes, en robe noire et veste rouge. "Je leur tends la main. Venez! Venez avec nous! Venez partager ce bonheur!".

"Je pense aussi que reculent les objections de ceux qui pensaient et qui pensent peut-être encore un peu 'mais au fond est-ce bien raisonnable de choisir une femme' (...) "Je vous dis: osez! Vous ne le regretterez pas", a-t-elle lancé, répétant plusieurs fois le verbe "oser".

Après cinq années de droite, "il est urgent d'inventer une France neuve, une France forte, une France dynamique et fraternelle, une France conquérante", a fait valoir la première femme à avoir une chance d'accéder à l'Elysée.

Faisant fi des sondages, qui la donnent perdante face à Nicolas Sarkozy, elle a sonné la mobilisation.

"Il reste deux jours, ne vous démobilisez pas mon équipe ! Continuez à convaincre autour de vous parce que mon équipe de campagne c'est vous!", a-t-elle insisté devant une foule qui l'a interrompu à de nombreuses reprises aux cris de "On va gagner" au milieu des cornes de brume. "Cette victoire, elle est vraiment à portée de main", a assuré la candidate.

Laure Bretton et Jean-Baptiste Vey / Reuters

" Moi je serai la présidente de ce qui marche "

Débat"Aujourd'hui, les Français s'inquiètent beaucoup de la montée des violences et des agressivités dans la société française. Le nombre de faits de violence à l'école a augmenté de 26%". Ségolène Royal plaide pour "une France où l'agressivité et les violences reculent".

"Je crois que la morale politique demande que les responsables rendent des comptes par rapport à ce qu'ils ont fait. Vous estimez-vous pour une part responsable de la situation dans laquelle se trouve la France aujourd'hui ?"

Les "agressions ont augmenté depuis 2002" alors que "M. Sarkozy, vous aviez parlé de la 'tolérance zéro".

"Le commissariat de Clichy que vous aviez promis, il n'est toujours pas ouvert".

La candidate socialiste conteste la proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Citant le viol d'une femme policier à la sortie de son commissariat à Bobigny, elle estime que "peut-être que cette femme ne se serait pas fait violer" "s'il y avait davantage de policiers". Elle évoque la délinquance sexuelle "qui vous en conviendrez avec moi, n'a rien de génétique".

"Non, M. Sarkozy, je ne diminuerai pas le nombre de fonctionnaires". "Les agents publics seront protégés, en particulier les femmes" qui "seront raccompagnées à leur domicile lorsqu'elles sortent tardivement de leur commissariat de police."

Concernant l’éducation, Ségolène Royal estime qu’il « faut un nouveau pacte éducatif ». «il y a beaucoup de souffrances, les enseignants ont besoin d’ une revalorisation de leur travail, les violences ont augmenté, 50 000 emplois jeunes ont été supprimés. Je remettrai l’éducation au cœur de tout. Je veux que tous les enfants sortent de l’école avec un bagage. » Elle propose ainsi un « service public de la petite enfance », « l’école obligatoire dès trois ans » et « la mise en place d’un soutien scolaire individualisé ». Ségolène Royal estime nécessaire de « diviser les gros collèges », afin qu’il n’y ait pas plus de 600 élèves par collège et de limiter les classes à 17 élèves par classe pour que les enseignants aient un vrai travail individualisé avec l’élève.

La candidate socialiste veut porter la croissance à un rythme de croisière de 2,5%. Pour résorber la dette, il faut "d'abord relancer la croissance" pour aller vers un "taux de 2,5%". "Je le ferai en faisant un nouveau pacte avec les entreprises", et ce n'est "pas incompatible avec le progrès social, bien au contraire". "Je vais concentrer sur les PME les aides publiques" et les "allègements de charge". Les PME qui réinvestissent leurs bénéfices verront ainsi l'impôt sur les sociétés "divisé par deux".

"Si la croissance est supérieure à 2,5% (par an), à la fois je finance mon pacte présidentiel et s'il y a davantage de croissance je prends l'engagement que tout ce qui sera au-dessus de 2,5% de croissance sera consacré au remboursement de la dette".

Ségolène Royal propose une "nouvelle étape, mais une vraie cette fois" de régionalisation pour supprimer les "doublons" et "lutter contre toutes les formes de gaspillage d'argent public". Ce sera "une véritable réforme de l'Etat" pour qu'il soit "plus rapide, plus efficace et plus économe".

"Ce n'est pas moi qui gère l'assurance maladie, mais c'est quand même de l'argent public qui est dépensé et des cotisations qui sont payées sur des salaires". "Je redéploierai", car "moi je le pourrai".

"C'est la cohérence politique de la répartition des responsabilités. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'il se passe ? Vous avez une loi de la décentralisation tellement confuse, qu'elle a entraîné une superposition des compétences entre les différentes collectivités territoriales et qui fait que tout le monde s'occupe de tout. "

"Sur la question des heures supplémentaires, moi je crois que votre proposition est non seulement dangereuse mais inefficace". On ne travaille pas suffisamment, parce qu'il y a trop de personnes au chômage".

Or, avec la proposition d'exonération des 35 heures, "un employeur aura davantage intérêt à donner des heures supplémentaires à un salarié qu'à recruter". Par ailleurs, "les heures supplémentaires sont possibles aujourd'hui, vous le savez bien". Or, "cette possibilité-là n'est même pas utilisée par les salariés. Pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas forcément travailler plus".

"Moi je propose au contraire de donner de l'emploi à ceux qui n'en ont pas", aux jeunes en particulier avec les emplois tremplins. « Moi je serai la présidente de ce qui marche, sans œillère .»

"Si vous pensez que les 35 heures ont fait autant de dégâts, pourquoi ne les avez-vous pas supprimées?"demande-t-elle à Nicolas Sarkozy. "Parce que vous savez bien que ça correspond à un progrès social". Et "elles ne sont pas responsables de tous les maux de la terre".

Toutefois, "la deuxième loi sur les 35 heures a été une loi trop rigide". "Je suis capable de regarder les choses telles qu'elles sont. Cela a créé des difficultés dans les petites entreprises, c'est vrai", donc "nous rediscuterons des 35 heures" pour voir "de quelle façon elles peuvent être généralisées et dans quelle branche".

"La réponse très précise sur les 35 heures, c'est qu'il y aura sur ce sujet comme sur les autres la négociation entre les partenaires sociaux, branche par branche". En l'absence d'accord, il n'y aura "pas de généralisation des 35 heures dans les entreprises concernées".

"Nous réformerons les régimes spéciaux, y compris le vôtre"."Vous ne parlez jamais du régime spécial des parlementaires et celui-ci aussi je le remettrai à plat".

Ségolène Royal estime que le bouclier fiscal défendu par Nicolas Sarkozy était "très injuste", citant en exemple une "riche héritière" qui a reçu "sept millions d'euros" de remboursement d'impôt en raison de l'application de cette nouvelle mesure. "Il faut faire attention aux injustices fiscales" et "à la façon dont vous voulez exonérer un certain nombre de patrimoines élevés".

A propos du nucléaire, "Vous avez une approche très approximative sur un sujet extrêmement technique mais en même temps extrêmement grave. Vous venez de dire une série d'erreurs. Cela peut arriver mais il faudra que vous révisiez un peu votre sujet".

"Il serait sans doute plus intelligent d'investir déjà dans la quatrième génération" des centrales nucléaires. Il faut "maintenir la part du nucléaire" mais "augmenter la part de l'énergie renouvelable".

La candidate socialiste souhaite que les questions liées à l’immigration soient "dégagées de tout enjeu politicien". Elles "ne doivent pas être exploitées. Aller arrêter un grand-père devant une école et devant son petit-fils, ce n'est pas acceptable dans la République française". Ségolène Royal se déclare favorable aux régularisations "au cas par cas".

Débat

David REVAULT D'ALLONNES / Libération

Hésitante au début, la candidate socialiste a peu à peu imposé sa pugnacité.

Elle a beau assurer se sentir «très bien, très heureuse» , le ton est un peu trop sec pour être honnête. Ensemble sombre et strict, visage fermé, Ségolène Royal, à l'évidence, est en configuration commando. Dans le tailleur du challenger face au favori, la candidate était contrainte à l'offensive. Elle a attaqué d'entrée de jeu. Façon guérilla. Alors que Nicolas Sarkozy vient de certifier qu'il «prendra des engagements et tiendra parole», Ségolène Royal tente illico de l'acculer au bilan : «Je souhaite sortir la France de la situation dans laquelle elle se trouve aujourd'hui.» Et d'égrèner les motifs présumés d'insatisfaction électorale : «la dette» chère à François Bayrou, «le nombre de travailleurs pauvres», «les retraites qui ont perdu du pouvoir d'achat». Et, bien sûr, les «agressions qui ont augmenté depuis 2002. En 2002, Monsieur Sarkozy, vous aviez parlé de la tolérance zéro. Aujourd'hui, les Français s'inquiètent beaucoup.»

Tout en agressivité politique, la candidate multiplie les questions, comme autant d'embuscades. «Pourquoi n'avez-vous pas fait cette loi?», «Vous estimez-vous responsable de la situation dans laquelle se trouve la France aujourd'hui ?», «Si vous pensez que les 35 heures ont causé tant de dégâts, pourquoi ne les avez-vous pas supprimées ?» Mais Ségolène Royal ne semble guère disposée à laisser son adversaire s'expliquer, qui le coupe à l'envi: «Permettez que je vous interrompe.» Ou encore: «Soyez précis.» Avant, à son tour, d'exiger, avec une mauvaise foi transparente: «Cessez de m'interrompre, je connais bien la technique...»
Psy. La candidate, au fil des échanges, semble se détendre. Mais ne délaisse pas la stratégie du harcèlement. Narquoise, sur la défiscalisation des heures supplémentaires: «Votre proposition est non seulement dangereuse, mais inefficace [...]. Merci le Medef.» Psychanalyste : «Dès que vous êtes gêné, vous vous posez en victime !» Maîtresse d'école : «Savez vous quelle est la part du nucléaire dans la consommation d'énergie en France ? [...] Vous venez de dire une série d'erreurs, ça peut arriver. Mais il faudra que vous révisiez !»
Calme. Côté personnalité, la candidate a bien tenté d'ériger son adversaire en champion de la conflictualité, le renvoyant à sa vision de la «délinquance sexuelle qui, vous en conviendrez avec moi, n'a rien de génétique.» A sa méthode, aussi : «Ça n'est pas ma conception du pouvoir de décider de façon péremptoire et unilatérale.» Et d'ajouter : «Remettre à plat, ce n'est pas démolir. Vous êtes très brutal.» Ségolène Royal n'aura toutefois pas réussi à départir Nicolas Sarkozy de son calme. Le seul courroux fut de son fait, lorsqu' «en colère face aux injustices et au mensonge» , elle l'a accusé d' «immoralité politique» sur les enfants handicapés. Et, après s'être prévalu de «beaucoup de sang-froid», de conclure, en «mère de famille de quatre enfants», d'imaginer «une France paisible, où jamais je ne dresserai les uns contre les autres» .

 

MENSONGES - CONTRE-VERITES - APPROXIMATIONS

DE NICOLAS SARKOZY LORS DU DEBAT DU 2 MAI 2007
 
 

SECURITE :
 
Le vrai bilan de Nicolas Sarkozy, c'est :
 
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         432 000 victimes officielles d'agressions en 2005.
 
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         + 30 % d'agressions depuis 2002.
 
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         + 26% pour le nombre de faits de violence à l'école.

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         Quand hier 20 000 voitures brûlaient par an, c'était pour Nicolas Sarkozy un échec de la gauche. Avec près de 45 000 voitures brûlées en moyenne chaque année depuis 2002, ce ne serait pas un échec de l'ancien ministre de l'intérieur, mais une réussite personnelle.

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