25.03.2008

N. SARKOZY " se fout des handicapés " selon Act-Up

375687235.jpgPARIS, 25 mars 2008 (AFP) -

L'association Act-Up a estimé mardi dans un communiqué que Nicolas Sarkozy "se fout des handicapés", peu après l'annonce présidentielle d'une hausse de l'allocation handicapés de 5% en 2008. Dans ce texte intitulé "Sarkozy se fout des handicapés", Act-Up qualifie d'"indécente" l'annonce faite mardi à Tarbes d'une hausse de 5% de l'AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) au 1er septembre. Le montant de l'AAH étant actuellement de 628,10 euros depuis la revalorisation de 1,1% du 1er janvier dernier, le président de la République "confirme donc que les bénéficiaires de l'AAH resteront en 2008 en deçà du seuil de pauvreté", souligne l'association, qui rappelle que les bénéficiaires de l'AAH paient également les franchises médicales. "Comment vivre et se soigner avec quelque 650 euros  mensuels ?", s'interroge Act-Up. 50 % des personnes vivant avec le VIH en France sont en dessous du seuil de pauvreté et 22 % n'ont pas de logement, rappelle-t- elle. "Visiblement Nicolas Sarkozy s'en moque", commente  l'association qui appelle à participer le 29 mars à la manifestation organisée place de la République à Paris par le collectif "Ni pauvre, ni soumis" pour revendiquer un revenu  d'existence décent.

03.03.2008

Logement : Françoise de Panafieu se fout des malades

1776772417.jpgDimanche 2 mars 2008, Rachida Dati, la candidate UMP dans le 7e arrondissement de Paris, avait invité Françoise de Panafieu à la rencontre des habitantEs, rue Cler, dans le quartier de Grenelle. Les MilitantEs d’Act Up-Paris les y attendaient avec leurs slogans et leurs affiches pour manifester leur colère face à l’absence d’intérêt et de proposition de la candidate UMP à la mairie de Paris. (Lire la suite)

(Voir la vidéo)

02.03.2008

Nicolas Sarkozy et Roselyne Bachelot en chute libre chez les médecins libéraux

1947486208.jpgQuelques mois après l'avoir plébiscité, les médecins libéraux tournent le dos à Nicolas Sarkozy. Selon le sondage réalisé par l'IFOP pour « le Quotidien », 38 % seulement des praticiens approuvent l'action du président en matière de santé et de protection sociale, contre 57 % quelques mois auparavant. Le chef de l'Etat entraîne dans sa chute Roselyne Bachelot, dont la cote est désormais négative. Seul réconfort ou presque : comme l'ensemble des Français, les médecins voteront aux municipales d'abord en fonction de considérations locales. (lire la suite)

10.11.2007

Franchises médicales : la triple erreur

 
 
 

Tribune de Ségolène Royal dans "La Croix"


 

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Pour financer nous dit Nicolas Sarkozy, les programmes de recherche sur des maladies graves, faisons appel au porte-monnaie des malades y compris des plus modestes. Plutôt que de porter remède aux lacunes de notre système. Il y a là une triple faute : insécurité sociale, erreur sanitaires, inefficacité économique.

1/ Insécurité sociale, tout d'abord.

C'est une aberration de faire financer les programmes de recherche utiles pour les malades de demain par les malades d'aujourd'hui. Même si des exonérations sont prévues, la contribution va peser de manière uniforme sur tous ceux qui doivent prendre des médicaments ou recourir à des soins, alors même que la contribution de chacun à l'assurance-maladie est proportionnelle aux revenus. De manière insidieuse, on revient sur les principes de la sécurité sociale chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins), illustrant une fois de plus la volonté de la droite de remettre en cause les assurances publiques universelles, pour favoriser la marchandisation de la santé. Une fois de plus, ce sont les personnes âgées à faible revenu et les salariés les plus faiblement rémunérés qui vont consacrer une part plus importante de leurs revenus à leur protection sociale. On pourrait objecter que les montants sont faibles mais nous savons d'expérience qu'une fois que le principe est acquis, ce genre de prélèvements augmente au fil des ans, sous la pression du déficit des comptes sociaux.

La fixation de son montant par un simple décret et non son inscription dans la loi renforce cette perspective. En outre, ils viennent d'ajouter à une série de mesures déjà très sensibles pour les ménages : forfait de 1 à 4 euros par consultation, autre forfait de 18 euros à l'hôpital, déremboursements de toutes sortes. Lors de l'instauration de la franchise sur les consultations médicales, ses inspirateurs avaient indiqué qu'il s'agissait d'une mesure exceptionnelle. A quand la franchise sur tous les actes ? A quand de nouveaux déremboursements déguisés par la hausse de ces franchises ? En vérité, les classes modestes et moyennes sont celles qui vont être progressivement orientées vers les assurances privées, pour couvrir toutes ces charges nouvelles, laissant au bord de la santé tous ceux qui n'ont pas les moyens de financer une couverture complémentaire et l’accès au soin doit rester une sécurité de base.

2/ Erreur sanitaire ensuite.

Ces franchises s'appuient sur l'idée que l'on pourrait, étant malades, faire le choix de consommer moins de soins dès lors qu'on serait sensibilisé aux coûts. Outre que c'est le médecin qui prescrit et non le malade qui décide, allez expliquer aux personnes qui ont été jugées suffisamment malades pour être prises en charge à 100 % (les diabétiques, les cancéreux, les personnes atteintes par le VIH…, tous ceux qui souffrent d'une maladie longue et coûteuse, y compris comble de l’ironie les patients atteints de maladie d’Alzheimer) que c'est à elles que reviendra en priorité la charge de financer les dépenses d’assurance-maladie. L’affectation de cette nouvelle contribution à la recherche sur une autre maladie est un leurre, comme en témoignent les comptes présentés par le Gouvernement.. Toutes les études montrent que l'on doit donner la priorité à la prévention, au traitement et au dépistage précoce des affections, au bon suivi des traitements. C'est un enjeu de santé publique fondamental, car se soigner tôt évite le plus souvent des dépenses plus lourdes ultérieurement. Inviter le malade à peser sur le choix des prescriptions en le faisant payer est donc un contresens qui pourrait se révéler très dommageable pour la santé des Français à moyen terme. C’est d’autant plus pernicieux que déjà 13 % des Français restreignent leurs soins pour des raisons financières. Il est donc absurde de faire payer une franchise aux malades chroniques alors que même les petites dépenses sont indispensables.

3/ Inefficacité économique enfin.

Toutes les études sur la compétitivité et l'attractivité de notre pays, montrent que l'un des points forts de la France est précisément la qualité de son système de santé et les conditions d'accès aux soins, malgré les attaques dont il est l’objet. S'il existe des rigidités dans certains domaines, que j'avais moi-même soulignées en proposant que le dialogue social accorde plus d'agilité aux entreprises exposées à la concurrence, il est économiquement contre-productif de s'attaquer à l'un des points forts de notre compétitivité par une approche erronée. Ce dont notre pays a besoin, c'est de travailleurs bien formés, motivés par une juste rémunération et rassurés par l'existence d'une sécurité sociale qui leur permet de se concentrer sur leur vie professionnelle et leur épanouissement. Il est donc primordial que des mesures soient prises pour restaurer l’équilibre des comptes sociaux pour conserver cet acquis économique du pays.

C’est d’autant plus vrai qu’il existe d’autres solutions. Le produit de cette nouvelle taxe sur les malades (800 millions d'euros) aurait pu être trouvé en faisant des économies. Je propose comme je l’avais déjà fait une réduction des 60 milliards d'aides aux entreprises, dont chacun sait qu'une grande partie bénéficie à des secteurs protégés qui n'en ont pas besoin et dont la Cour des Comptes a très justement souligné les manques de justification. Il est surtout nécessaire d’engager une réforme sur l’offre de soins, la meilleure coordination entre médecine de ville et hospitalière, le renforcement de toutes les actions de précautions et le lancement de programmes de recherche européens pour faire baisser le coût des soins.

 

 

 

 
 
 
 

23.05.2007

Pour le droit aux soins des étrangers

Pour la première fois depuis 10 ans, le gouvernement

décide le renvoi de malades étrangers

dans des pays où ils ne peuvent pas se soigner.

L'Observatoire du droit à la santé des étrangers

lance une pétition contre les dernières instructions

du gouvernement.

POUR SIGNER LA PETITION :

http://www.medecinsdumonde.org/fr/petitionuser/register/(...

 A relever : cette pétition a été signée, entre autres, par Martin HIRRSCH !

 


12.04.2007

La santé pour tous

SRHP Défense et revitalisation de l'hôpital public

"Avec moi, l'hôpital public sera défendu et revitalisé", a promis dimanche Ségolène Royal, qui a affiché son attachement au "service public" au cours d'une visite dans un centre de régulation des appels d'urgence du SMUR (services médicaux d'urgence et de réanimation) et des pompiers de Corbeil-Essonnes (Essonne).

"Avec moi, l'hôpital sera défendu et sera revitalisé parce que je pense que c'est l'un des fondements de notre pacte républicain", a martelé la candidate. "L'hôpital public doit retrouver ses forces (et) ses moyens", a-t-elle dit.

"L'hôpital public, au cours de ces dernières années, a perdu beaucoup de moyens. Il est en situation de grande fragilité", a-t-elle déploré depuis le garage où elle s'est fait expliquer l'équipement des ambulances du SMUR par les médecins urgentistes présents. "Il faut que les Français aient un droit adapté aux soins sur l'ensemble du territoire national".

La responsable socialiste a donc promis de renforcer les services d'urgence, de lancer "un plan de recrutement et de formation des infirmiers" dont "nous manquons cruellement" et veut aussi favoriser les conditions de travail des médecins qui font le choix de travailler dans le public.

Interpellée au sujet des fermetures de lits dans les services hospitaliers, elle a répondu que "non seulement il ne faudra plus fermer de lits, mais il faudra en ouvrir dans les services qui en ont besoin". "Je répondrai aux besoins", a-t-elle plus largement assuré.

La candidate socialiste a cherché à opposer sa vision à celle de Nicolas Sarkozy. "En aucun cas, il n'y aura de système de déremboursement ou de franchise", a-t-elle promis. "Je ne suis pas d'accord avec cette façon de voir les choses: on n'a pas à rabattre sur le service public hospitalier", a-t-elle opposé.

Reprenant un thème cher à Olivier Besancenot, qui en avait fait une de ses affiches de campagne, Ségolène Royal s'est ensuite indignée de voir des cliniques privées "achetées par des fonds de pension étrangers qui gagnent beaucoup d'argent". "Dans le domaine de la santé, certains réussissent à gagner beaucoup d'argent sur le dos de sa Sécurité sociale", a-t-elle observé, notant "qu'il y a quand même là quelque chose qui ne va pas". "Dans la santé aussi, je crois qu'il faut remettre un ordre juste".

Au passage, la candidate socialiste a enregistré le soutien du syndicaliste urgentiste Patrick Pelloux, qui l'a accompagnée au cours de cette visite. S'exprimant "à titre personnel", le Dr Pelloux a confié: "J'ai voté François Bayrou au premier tour et je voterai Ségolène Royal au deuxième tour de l'élection présidentielle parce que je crois que le renouveau qui est affiché et l'attachement qui est affiché au service public et aux valeurs que je développe sont vraiment un élément important".

En tant que président de l'Association des médecins urgentistes hospitaliers de France (AMUHF), le Dr Pelloux a toutefois souligné que "les conditions de travail s'aggravent de manière considérable" pour les médecins hospitaliers et qu'"au cours des cinq dernières années", "jamais on n'a fermé autant de services", notamment en chirurgie. Il a souligné avoir interpellé "tous les candidats" sur les problèmes de l'hôpital sans avoir reçu de réponse, notamment de Nicolas Sarkozy. Pour lui, il est "extrêmement positif" que Ségolène Royal ait souhaité rencontrer les médecins.

Source : AP


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Manifeste de la santé pour tous

Ségolène Royal s'est présentée comme la Présidente de la Sécurité sociale et a pris une série d'engagements forts en faveur de "la santé pour tous". Plus que dans tout autre domaine, l'héritage laissé par la droite est, en 2007 particulièrement lourd : déficits historiques de l'assurance-maladie, hopital public exsangue, médecins découragés, mutuelles mises à contribution, assurés sociaux pressurés, patients et familles inquiets. Face à de tels enjeux d'avenir, des professionnels et intervenants de tous les domaines et secteurs de la santé, ont souhaité lancer un "Manifeste pour la santé pour tous" pour soutenir le projet présidentiel de Ségolène Royal.

Inégalités sociales et géographiques dans l’accès à la prévention et aux soins,leur distribution et leur prise en charge, aggravation des déséquilibres financiers, besoins de santé peu ou pas satisfaits permettent de nuancer l’idée répandue selon laquelle la France a « le meilleur système de santé du monde ». Ce fut sans doute vrai en 2000, lorsque l’OMS nous accorda ce classement flatteur. On peut douter que ce le soit encore en 2007. Il faut réagir.
Notre pays a certes réussi de véritables performances dans ce domaine, mais l’efficience du système, tend à se dégrader. La gauche a permis, grâce notamment à la création de la CMU, de réaliser l’égalité d’accès au système de soins ; il faut désormais viser l’égalité d’accès de tous à des soins de qualité et donc à un meilleur confort de vie. La santé pour tous est l’une des voies d’accès essentielles à un ordre social plus juste
Notre vision de la santé doit être globale et ne pas se limiter aux seuls soins, tant il est vrai que les atteintes à l’environnement, aux modes de vie et d’organisation sociale, pèsent aussi lourdement dans les inégalités sanitaires : en cela, investir dans la santé, l’ériger en priorité nationale, c’est aussi préparer l’avenir de la France et des Français, tout en créant les conditions d’une lutte efficace contre la précarité.
L’assurance-maladie a été conçue en 1945 pour répondre d’abord aux arrêts de travail, donc aux maladies « aiguës ». Depuis lors, la « transition épidémiologique » a totalement renversé les priorités, puisque la grande majorité des dépenses est liée à des affections chroniques (diabète, cancers, SIDA, maladies diverses liées au vieillissement), mais les mécanismes de prise en charge n’ont pas évolué en fonction de ces transformations
Ensuite, la France a fait le choix de conserver une offre de soins largement privée et libérale, en regard de dépenses socialisées. Dans ce cadre, la droite a, en règle générale et plus encore depuis 2002, fait en sorte que les nécessaires efforts de régulation pèsent sur les seuls assurés, particulièrement les moins informés et donc les plus modestes. Cette tendance doit être redressée.
De nombreux professionnels et acteurs de la santé, venant de tous horizons, ont souhaité se rejoindre pour soutenir la démarche de Ségolène ROYAL qui est la seule responsable politique nationale à avoir clairement posé ces constats et formulé des propositions cohérentes, ambitieuses mais aussi fidèles aux valeurs de solidarité. Ils refusent, non par esprit de système, mais par sens des responsabilités, de voir pousser encore plus loin une logique du chacun pour soi, à laquelle conduisent inéluctablement des idées comme la mise en pace d’une franchise de remboursement. Ils considèrent qu’au vu des difficultés croissantes du système de santé, mais aussi de l’accumulation des graves déficits qui le mettent en péril, l’Etat ne peut limiter son action de régulation à une chasse tonitruante aux « fraudeurs ». Ils souhaitent, par leur démarche collective, attirer l’attention du plus grand nombre sur l’importance des sujets liés à la santé et l’enjeu majeur que sera, de ce point de vue, l’élection présidentielle, ceci autour des quatre grands objectifs suivants :

Garantir, enfin, l’accès de tous aux meilleurs soins et à une santé durable
Cette notion de garantie est essentielle. Elle doit permettre de fournir à chacun des droits effectifs à l’information et à l’accès aux meilleures prises en charge, y compris, bien entendu, en éradiquant les inégalités territoriales, par des mécanismes forts d’incitation à la répartition de l’offre médicale, par la création de véritables Maisons de santé conciliant vocation sociale et développement des meilleures pratiques (médecine de groupe, présence de personnels paramédicaux pratiquant la délégation des tâches, action de prévention, nouveaux modes de rémunération…) Il est aussi indispensable de piloter fortement l’offre de soins, au niveau des bassins de santé : ce doit être le rôle des futures Agences régionales de santé que propose Ségolène Royal, de manière à prendre en compte enfin en compte l’ensemble des missions des structures et des professionnels des sphères hospitalière et libérale. L’hôpital public, qui est en souffrance faute de moyens suffisants, doit, dans ce cadre, voir réaffirmées ses fonctions de pilier du système de soins. Il faut que l’état de délaissement réservé aujourd’hui à ses personnels, soignants ou non, cesse au plus vite et avec lui le découragement qui gagne ces professionnels compétents et dévoués.
En outre, le vœu pieux de la prévention ne suffit plus. C’est à une réelle révolution des esprits et des habitudes que la France est aujourd’hui conviée : restauration d’une véritable médecine scolaire - aujourd’hui totalement sinistrée avec 1 médecin pour près de 8000 élèves -, lancement d’un programme national d’éducation à la santé digne de ce nom et mobilisant l’ensemble des moyens modernes, prise en compte de tous les aspects liés aux pathologies prioritaires (par exemple l’apport de l’exercice physique régulier et de l’éducation à l’alimentation dans la prévention de l’obésité). La santé au travail et dans l’environnement sera un des principaux piliers de cette politique, qui devra prendre en compte tous les défis de la « santé quotidienne », en s’inspirant des meilleures pratiques déjà à l’œuvre dans le pays, mais aussi chez nos voisins européens, singulièrement scandinaves, voire aux Etats-Unis. L’effort à entreprendre pour une santé durable, en lien avec la protection de l’environnement (physique, chimique et bactériologique mais aussi social) est gigantesque. Il met notamment en jeu l’élévation du niveau général d’éducation de nos concitoyens, l’organisation de la vie en société, les structures de travail, l’aménagement du territoire. Il nécessite aujourd’hui de choisir non pas 100 priorités de santé publique, comme ce fut le cas dans la loi de 2004, mais quelques axes forts. En ce sens, la prévention des maladies chroniques ou la mise en place d’une carte santé pour les 16-25 ans répondront à cet impératif de pragmatisme et d’efficacité, tout en respectant les impératifs de la solidarité. Le budget de la prévention doit représenter 1% du PIB, alors qu’il est aujourd’hui jugé insuffisant par tous les professionnels.
Mais l’égalité sans solidarité ne peut être atteinte : une réflexion sur les évolutions de la CMU et la prise en compte des « effets de seuil », doit s’inscrire dans le cadre plus large d’une approche des besoins de santé des quelque 10% de la population vivant encore sous le seuil de pauvreté et très souvent en butte au renoncement, à la suspension ou au report de soins nécessaires. Il faut assurer, pour les enfants qui n’ont pas de couverture complémentaire (et surtout le million d’enfants pauvres qui n’en ont aucune), une prise en charge intégrale des soins. Nous le savons, les inégalités s’accroissent dans notre système de santé. Aujourd’hui, de nombreux Français ne peuvent assumer le coût croissant des soins. Cette forme d’exclusion, notamment quand elle touche les plus jeunes, est intolérable.

Mettre en mouvement les citoyens et les professionnels
Il faut d’abord s’appuyer sur les citoyens pour fonder une authentique démocratie sanitaire. Bref, la santé pour tous, doit être l’affaire de tous.
Comme Ségolène Royal l’a souligné dans le Monde des 22-23 juin 2006 « En France un tournant a été pris avec le SIDA : les associations de malades ont exigé de savoir. Le patient qui subit l’injonction scientifique, cela ne passe plus ». Dans aucun autre domaine, la multiplication des débats citoyens ne peut trouver meilleure justification et la démocratie participative son sens profond, y compris quant aux conséquences sanitaires de certains choix économiques : les citoyens sont tout particulièrement compétents pour ce qui concerne leur propre capital santé. En effet, l’expression directe des patients et des assurés sociaux sur les grands choix de santé et les priorités du pays dans des sujets qui les concernent au premier chef est indispensable. Elle est aussi parfaitement compatible avec le rôle des élus. De ce point de vue, le Parlement doit pleinement jouer son rôle de choix, éclairé bien entendu par une Haute Autorité de Santé organisée à cette fin.
Le débat devra porter sur les meilleurs moyens pour faire face au défi du vieillissement. L’allongement de la durée de vie est d’abord un formidable progrès social, conséquences des progrès de la médecine. Ce progrès nous donne toutefois des obligations claires en matière de prise en charge de la dépendance, qui va supposer de dégager des moyens mais aussi de mettre en place une coopération active entre les acteurs et les institutions.
Ainsi, encore l’admission au remboursement d’un médicament ou d’un dispositif médical et plus généralement la définition du « panier de soins » ne sera plus une tâche reléguée dans un bureau anonyme, mais l’expression de choix transparents et assumés. Ainsi, enfin, les industriels devront-ils tenir compte de ces choix pour orienter leurs actions de recherche et de développement. On doit rappeler ici que les progrès réalisés dans la santé, si essentiels pour chacun de nous et la société, sont aussi un facteur réel de performance pour l’économie.
Parallèlement, il faut ouvrir aux intervenants du secteur la perspective d’une grande ambition collective
A l’écart des corporatismes, les professionnels de santé, libéraux et hospitaliers, mais aussi industriels des secteurs concernés, doivent se voir proposer un véritable contrat de santé publique : leur rémunération, leur formation continue, leur évaluation, leurs outils et leur temps de travail constituent des droits et garanties pour eux, ainsi que des leviers de changements pour bâtir le système futur et un facteur de reconnaissance de leur rôle et de leurs missions par la Nation. Par exemple, rémunérer forfaitairement des actions de prévention ou leur participation à la santé publique constituera une démarche gagnant-gagnant, en renforçant l’attractivité de ces professions, y compris dans le secteur public. Cette mobilisation supposera aussi de renforcer le lien avec les patients, en simplifiant un système de prise en charge devenu absolument incompréhensible depuis la réforme de 2004, perçue négativement par une nette majorité de professionnels. Bien sûr, ces professions veulent être correctement rémunérées, quoi de plus naturel. Mais qui peut croire que les médecins expérimentés et les étudiants se destinant notamment à la médecine générale ne soient mus que par la valeur du C, alors que tous et toutes parlent aujourd’hui d’abord de formation, initiale et continue, de conditions de travail, de rythmes de vie et de considération ?

La santé passe par l’université et la recherche
L’économie de la connaissance et de l’innovation, que tous les tenants du progrès appellent de leurs vœux, reposera largement, à l’avenir, sur les défis des secteurs de la biologie et de la santé, au sens large. Défendre la recherche et l’innovation suppose donc d’appliquer ces préceptes à ces secteurs, avec volontarisme et impose de faire des choix fondés sur la qualité et l’efficience, ainsi que les arbitrages budgétaires indispensables. Au-delà des progrès de la médecine, le système de santé reste en effet un objet de recherche complexe et mal connu, qu’il faudra explorer de façon interdisciplinaire afin de construire des décisions optimales et durables.
Dans le domaine de la santé, comme dans d’autres, la recherche académique et dans une moindre mesure la recherche industrielle, sont seules développées, par contraste avec les actions de recherche venant en appui aux politiques publiques, singulièrement la prévention. Il faut donc que le ministère chargé de la santé bâtisse une véritable politique en la matière, appuyée sur les instituts de recherche et les agences sanitaires.

La santé, une dimension européenne et mondiale indispensable
Dans tous les domaines (santé publique mais aussi santé au travail, sécurité sanitaire et environnementale), nous considérons que l’engagement européen de Ségolène ROYAL constituera un atout décisif. C’est à l’échelle communautaire que le droit à la santé et même à l’assurance-maladie va en effet progressivement se développer. Il en est déjà ainsi en matière de recherche. En sens inverse, la santé sera un des moyens privilégiés d’une nouvelle envie d’Europe pour nos concitoyens.
En souhaitant « l’accès des plus pauvres aux biens publics mondiaux que sont la paix, la santé, la protection de l’environnement, l’eau… » (Premier débat télévisé pour l’investiture du Parti socialiste, LCP AN-Public Sénat, 17 octobre 2006), Ségolène ROYAL n’a pas simplement fait preuve de générosité, mais aussi de réalisme : l’accès à la santé, qui commence par les soins primaires, est un facteur décisif de développement économique dans ces pays. De plus, en les protégeant, nous nous ne protégerons aussi, à l’heure des grandes pandémies.
Concilier garanties et sécurités collectives, avec la responsabilité et les choix individuels, rendre compatible la capacité de chacun à construire sa vie en bonne santé et un cadre de solidarité nationale et de justice sociale affirmé, telles sont les valeurs que nous partageons. Nous sommes convaincus que la santé des Français se trouve au cœur de ces enjeux et nous appelons au plus large rassemblement des compétences et des volontés pour les relever, en tournant le dos aux solutions fondées sur l’égoïsme et le seul jeu du marché, en privilégiant le débat sur les certitudes assénées, en recherchant l’intérêt général.
Oui, nous voulons la santé pour tous, telle que définie par Ségolène Royal dans son Pacte présidentiel ; oui, nous appelons de nos vœux la santé par tous. Il y va de notre avenir individuel, mais aussi collectif et, à bien des égards, de celui des générations futures.
Rejoignez-nous dans cette démarche de progrès pour construire, ensemble, les solutions dont le pays a besoin.

La liste des signataires

Arich Charles (Praticien hospitalier, unité de Réanimation médicale), Atlan Guy (Professeur de médecine),Bachelot Annie (Ingénieur de recherche INSERM), Bajos Nathalie (Directrice de recherche INSERM), Bastuji-Garin Sylvie (Professeur de Santé Publique), Beaudry Patrice (Médecin), Beaugé Françoise (Chercheur), Beaune Philippe (Professeur de biologie), Bladou Franck (Professeur des Universités - Chirurgien Urologue), Blisko Serge Médecin (Député), Bon Céline (Etudiante), Bonaiti-Pellie Catherine (Directrice de recherche INSERM), Bouchon Jean-Pierre (Gériatre), Bouyer Jean (Chercheur), Brinet Camille (Fonctionnaire), Buriot Diego (Ancien conseiller du directeur général de l'OMS), Carré Daniel (Président d’une association de prévention), Castagnola Christian Chirurgien (Urologue), Castets Philippe (Directeur d'hôpital), Chauvin Pierre (Médecin, chercheur en santé publique), Clerget Françoise (Directeur de recherche INSERM), Cohen Salmon Charles (Chercheur), Desbans Marine (Etudiante), Desenclos Jean Claude (Epidémiologiste InVS), Dray Xavier (Gastro -entérologue), Dray-Spira Rosemary (Chercheuse), Duchadeuil Romain (Etudiant), Ducimetière Pierre (Directeur Recherches INSERM), Evin Claude (Député, ancien Ministre), Fischer Elizabeth (Chercheur INSERM/ANRS), Garel Micheline (Ingénieur de recherche), Gaudin Philippe (Chef d'entreprise), Gilberg Serge (Professeur de Médecine générale), Girard-Orgeolet Sylvie (MCU-PH), Giri Isabelle (Ingénieur des Mines), Goldberg Marcel (Professeur), Hadjaj Amel (Medecin du travail), Hassoun Danielle (Gynécologue), JANOT Christian (Professeur d'Hématologie), Job Spira Nadine (Ingénieur de recherche INSERM), Labrousse Isabelle (Enseignante), Lacronique Jean François (Professeur), Laporte Anne (Epidémiologiste, Observatoire du Samu social de Paris), Larigauderie Anne (Diversitas), Le Guen Jean Marie (Médecin, Député), Le Roux Gérard (Médecin Généraliste), Letoublon Christian (Professeur de chirurgie), Loux Michelle (Maire adjointe chargée de la prévention et de la santé), Madiha Ellaffi (Pneumologue), Magnon Seignot Danièle (Infirmière), Mallevialle Christian (Cadre Industrie Biomédicale), Mancel Marc Pierre (Dirigeant Industrie Biomédicale),Marty Anne-Marie (Présidente CAES INSERM), Meda Dominique (Sociologue), Mesnard-Caillère Françoise (Médecin du travail), Meyer Laurence (Médecin), Muanza Kabongo (Psychiatre, praticien hospitalier), Nitenberg Gérard (Réanimateur), Nitenberg Alain (Professeur de physiologie), Philip Thierry (Cancérologue), Pigement Claude (Médecin), Preau Marie (Maître de conférences), Rémy Nadine (Cadre de santé), Revault d'Allonnes Maxence (Professeur), Roudot-Thoraval Françoise (Maitre de conférence, praticien hospitalier), Saurel-Cubizolles Marie-Jo (Chercheure), Seignot Pierre (Anesthésiste-réanimateur), Spira Alfred (Professeur de santé publique), Spire Antoine (Directeur d’un département de recherche), Sugier Annie (Experte en radioprotection), Tambourin Pierre (Chercheur), Trotot Pierre (Médecin), Yahiel Michel (Inspecteur général des affaires sociales)

Pour signer cet appel :
http://petitions.desirsdavenir.org/signataires.php?id=4

19.01.2007

Personnes handicapées : pour l'égalité réelle

SR S

Ségolène Royal a avancé plusieurs propositions pour favoriser l’accessibilité et l’universalité réelle des droits.

"La société bouge peu à peu. En matière de handicap, je voudrais la faire avancer à grands pas, tant nous avons de retard. C’est pourquoi il était de première importance pour moi de venir vous assurer de mon soutien, de ma mobilisation sans faille.

Votre engagement, votre courage, vos combats pour l’accessibilité de la société sont des combats universels, car il n’est pas de société juste sans égalité réelle entre chacun de ses membres.

Lorsque l’on sait que 5 millions de personnes en France souffrent, de manière plus ou moins prononcée, de déficience auditive, comment considérer la question de l’accessibilité comme une revendication anecdotique d’une minorité ? On peut mesurer les progrès d’une société à l’aune de l’accessibilité et de l’universalité réelle des droits, de même que l’on peut mesurer l’avancement d’une société à l’état des relations entre les hommes et les femmes, et, vous le savez, ce n’est pas une question annexe pour moi.

Aujourd’hui, pendant la campagne participative que j’ai choisi de mettre en place, je veux que chacun puisse s’exprimer et que chacun puisse confronter ses idées avec celles d’autrui.

Le site Internet de Désirs d’Avenir propose l’intégralité de mes discours par écrit, mais je vous annonce que désormais mes messages vidéos sur Internet, ceux que je lancerai, seront sous-titrés. Ainsi j’ai exigé que mes vœux de bonne année soient sous-titrés. De même, les forums participatifs auxquels je participerai seront traduits en langue des signes Française, comme chacun de mes meetings. C’est un enjeu de citoyenneté fondamental. La République du Respect que j’appelle de mes vœux trouve ici une mise en application très claire : nous devons pouvoir communiquer les uns avec les autres, refuser toutes les ségrégations.

Tout déficient auditif s’inscrivant dans un forum participatif dans le pays bénéficiera par ailleurs, quel que soit le mode de communication qu’il a choisie, de l’accessibilité de la réunion à laquelle il souhaite assister. Des boucles magnétiques seront installées au plus vite dans les salles de réunions, comme cela a été fait à Paris à la Mairie du 10e arrondissement par exemple.

Nous sommes à l’ère de la communication. Notre monde est rythmé désormais par internet et par le téléphone portable. Ce ne sont plus des gadgets, mais des outils indispensables à la vie personnelle, professionnelle et sociale. Je m’engage donc, si je suis élue, à créer des centre-relais téléphoniques permettant à toute personne, quel que soit son degré de surdité, d’appeler n’importe qui en bénéficiant de l’aide d’un interprète ou de la transcription écrite. Cela existe aux Etats Unis, nous le ferons en France, avec des financements adéquats. Les profits des opérateurs téléphoniques leur donnent la possibilité de participer au financement de ces structures et d’offrir des tarifs préférentiels aux personnes sourdes et malentendantes sur ces communications.

Le sous-titrage des programmes télévisuels, prévu pour 2010, est évidemment une excellente chose, mais, comme beaucoup de dispositions de la dernière loi handicap, il n’existe pas encore de budget pour le réaliser : nous ne connaissons toujours pas le contenu du contrat d’objectif entre l’Etat et les chaînes publiques pour définir leur financement. Je m’engage à faire du budget de sous-titrage une priorité. Aux Etats-Unis, cela passe par une taxe sur la publicité : cela doit être étudié très vite.

Nous devons utiliser les avancées technologiques pour anticiper les besoins, et non pas pour courir derrière eux en cherchant à ce que les malentendants "rattrapent" les niveaux de confort auxquels sont parvenus les entendants.

Personne ne doit être contraint de s’appareiller, mais, pour ceux qui le souhaitent, cet appareillage doit être gratuit. La compensation financière actuellement prévue est insuffisante.

Il faut penser à l’accompagnement des parents, des familles, au moment où elles découvrent l’univers de la surdité. Il faut les accompagner dans leur choix, quel que soit le niveau de surdité : il n’y a pas de fatalité si la solidarité collective est là.

Chaque enfant, chaque adulte déficient auditif a le droit de vivre selon ses choix, a le droit de pouvoir communiquer librement avec ses proches, en bénéficiant des supports de traduction que notre modernité peut lui offrir.

Je ne me résous pas à ce que seule une infime minorité de jeunes sourds puissent accéder aux études supérieures, ou même au baccalauréat : c’est de notre responsabilité collective de leur donner les moyens de cette forme d’émancipation intellectuelle que représente l’accès à l’Université. La France est un pays riche qui a les moyens d’offrir à chacun de ses enfants l’accès à l’information, à la culture, à la communication et à l’éducation.

C’est pourquoi je propose la création de bourses d’études spécifiques et automatiques pour les jeunes étudiants sourds : les aides à l’accessibilité des études sont insuffisantes, trop longues à se mettre en place. Nous devons nous fixer des obligations de résultats en matière d’accessibilité aux études : j’en ferai une priorité budgétaire et nous y travaillerons ensemble, si vous en êtes d’accords, dans la concertation".

Ségolène Royal