11.02.2007

Un droit au logement pour tous

Dans son discours de Villepinte, Ségolène Royal s'est engagée à "mettre fin au scandale des ventes à la découpe qui chassent les locataires"

medium_abbe_Pierre.3.jpgRéaction au décès de l'Abbé Pierre sur RTL

 
 
 
CHRISTOPHE HONDELATTE

Suite de notre édition spéciale consacrée à la disparition ce matin de l'Abbé Pierre, je vous rappelle que nous l'avons appris à 6h40 ce matin, l'Abbé est décédé cette nuit à 5h25 à l'hôpital à Paris. Bonjour Madame ROYAL.

SEGOLENE ROYAL

Bonjour.

CHRISTOPHE HONDELATTE

Je rappelle que vous êtes candidate à l'élection présidentielle,

spontanément vous souhaitiez réagir ce matin.

SEGOLENE ROYAL

Oui, je crois que d'abord, je voudrais surtout retenir son esprit de combat qui n'est jamais terminé, et qui est toujours utile aujourd'hui et que les sans logis ne doivent pas se sentir orphelin. Le long cri de colère de l'Abbé Pierre contre la pauvreté ne doit pas s'éteindre et heureusement d'ailleurs qu'il y a des associations comme le DAL, comme Droit au logement, qui ont repris son combat, qui secouent les responsables politiques puisque malheureusement le combat de sa vie pour les mal logés reste d'actualité. C'est pour ça que je crois que son esprit de révolte doit continuer pour apporter à tous la sécurité,

la dignité du logement, dans un pays comme la France qui est une des plus grandes puissances économiques au monde, constater que la pauvreté s'accentue, c'est vrai que c'est révoltant. Et donc il va falloir porter les exigences de l'Abbé Pierre pour qu'enfin ces exigences débouchent sur des actes concrets.

CHRISTOPHE HONDELATTE

L'Abbé Pierre, je ne sais pas ce qu'il aurait dit si on lui avait

rendu hommage en tant que personnalité politique, mais il n'avait pas de préférence, il combattait, il secouait tous les politiques, il vous aurait secoué vous aussi s'il en avait eu le temps.

SEGOLENE ROYAL

Bien sûr, d'ailleurs je l'ai rencontré à plusieurs reprises, il avait

raison de secouer les politiques et je crois qu'aujourd'hui plus que jamais les politiques doivent se secouer puisque quand même les politiques qui sont conduites aujourd'hui ont aggravé la situation. C'est vrai qu'il est insupportable que dans la France d'aujourd'hui, que chaque hiver on découvre encore le même problème. Et je crois que derrière des lois théoriques, il faut vraiment donner des résultats concrets maintenant à la revendication de la sécurité et de la dignité du logement et je pense passer très concrètement à quelque chose à laquelle l'Abbé Pierre tenait beaucoup, c'est la réquisition des logements vacants, en tout cas moi je m'y engage, à passer à l'action sur ce droit donné désormais à la puissance publique, aux maires, aux préfets, de réquisitionner les logements spéculatifs vacants pour y mettre les sans logis.

CHRISTOPHE HONDELATTE

Pour vous aussi c'était un totem cet homme là ?

SEGOLENE ROYAL

C'est un totem non, c'était quelqu'un qui s'était engagé, qui a passé sa vie au service des autres, et c'est suffisamment rare pour être souligné. Il a adouci la vie des autres, c'était le combat de sa vie et il n'a jamais relâché son cri de révolte, son combat, sa mobilisation, non seulement les sans logis se sentent aujourd'hui orphelins, mais finalement tous les Français qui sentent que la pauvreté et la misère n'ont pas leur place dans un pays riche où les inégalités sont si révoltantes.

CHRISTOPHE HONDELATTE

Merci madame ROYAL, merci d'avoir choisi RTL ce matin pour réagir à chaud à la disparition, à l'annonce de la disparition de l'Abbé Pierre

Ségolène Royal à Roubaix le 19/01/07

medium_roubaix.jpg

ROUBAIX (AP) -- La candidate socialiste Ségolène Royal, qui présidait vendredi soir à Roubaix (Nord) un débat participatif, a réaffirmé qu'elle ferait rapidement voter, si elle était élue, une loi «contre les violences faites aux femmes» «Je voudrais redire ici que les violences faites aux femmes sont inacceptables», a déclaré Ségolène Royal. «C'est la première loi que je ferai voter» en cas d'élection, un texte réprimant ces violences, a-t-elle expliqué après un échange avec Maryline, une femme qui a évoqué à visage découvert ses problèmes conjugaux. Au cours de ce débat sur le thème du logement, Ségolène Royal a par ailleurs proposé d'aller au-delà de sa proposition initiale de construire 120.000 logements sociaux par an et de réquisitionner si nécessaire les terrains dans des communes ne respectant pas le taux de 20% de HLM. Les différents débats, a-t-elle expliqué, lui ont fait prendre conscience que «nous ne sommes pas à la hauteur du problème» de logements en France.

Ségolène Royal fait du droit pour tous à un logement décent une de ses toutes premières priorités.

Dans son discours de voeux, Ségoléne Royal a proposé deux mesures pour répondre au problème des sans-logis :

- une "obligation dans chaque ville de créer une place d’hébergement d’urgence pour 1000 habitants" ;

- un "accompagnement humain pour permettre à ceux qui ont basculé, travailleurs pauvres, femmes seules, jeunes à la dérive, de se raccrocher à une utilité sociale".

La mise en place d'un droit au logement opposable est une priorité pour Ségolène Royal et pour les socialistes.

Si ce droit doit bien évidemment être garanti pour les sanslogis, il doit pouvoir s'exercer plus largement, être universel et bénéficier à toutes populations qui ne sont pas en mesure de se loger seules.

Afin de donner corps à ce principe et pour garantir une "sécurité logement tout au long de la vie", Ségolène Royal a annoncé, lors de ses voeux aux français le 4 janvier, cinq mesures concrètes :

1)Promouvoir un vaste plan de construction de logements sociaux à loyer modéré.

"Deux Français sur trois réunissent les conditions de revenu pour accéder à un logement social à loyer modéré, et pensent que leurs enfants, quand ils se lanceront dans la vie, en auront impérativement besoin."

Il est donc urgent de relancer "la construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui, faute d’obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L’Etat se substituera à la carence de ceux qui s’enferment dans l’égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de logement nécessaires. C’est donc à la puissance publique de jouer son rôle, pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale".

2) Créer un service public de la caution permettra d’assurer les impayés de loyer et d’éviter les expulsions"

3) Mettre "en location les nombreux logements vacants spéculatifs.

Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et (...) les communes pourront procéder à des acquisitions-réquisitions"

4) Favoriser l'accès à la propriété par l’extension des prêts gratuits.

Aujourd’hui, les Français aspirent à la propriété de leur logement. Je veux que ce soit possible et que notamment ceux qui ont fait l’effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant quinze ans puissent accéder à la propriété."

5) Aider, "avec les Régions, (...) à la mise en place d’un programme de logement pour les étudiants et les jeunes travailleurs.

En matière de logement, les français, en particulier les plus modestes, sont confrontés à une insécurité grandissante comme le rappelait récemment Thierry Repentin, sénateur socialiste de la Savoie: "De plus en plus de familles populaires et modestes n’arrivent plus à faire face aux loyers. D’autres ménages sont sur liste d’attente pour obtenir un premier logement ou espérer une mutation pour construire une famille. D’autres enfin sont condamnés à ne pouvoir choisir leur commune de résidence faute d’offre territorialement équilibrée."

Dès le printemps 2006, le Parti socialiste avait plaidé pour que soit inscrit dans la loi le principe du droit au logement opposable. Mais le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, avait alors jugé cette initiative « prématurée et irréaliste ». Le soudain revirement du gouvernement de ces derniers jours, pourrait prêter à sourire s'il n'était pas animé par un simple opportunisme électoraliste.

Ségolène Royal s'était entretenue à plusieurs reprises fin décembre avec les représentants de l'association les Enfants de Don Quichotte au sujet des Sans-Domicile-Fixe. "Il est insupportable,en 2006,qu'il y ait tant de gens qui dorment dans la rue. C’e st d’autant plus révoltant que c’est la même chose tous les ans. Chaque hiver, on fait mine de découvrir un problème qu’on s’empresse d’oublier dès le printemps venu. Et les annonces tonitruantes que le gouvernement a improvisées dans l’urgence n’y changent rien. La question de l’hébergement d’urgence se pose, c’est évident. Mais plus largement, il faut un vaste plan pour lutter contre la précarité. Que la grande pauvreté existe encore dans un pays comme le nôtre, voilà le scandale!" (Journal du Dimanche).


Ségolène Royal à Roubaix le 19/01/07

medium_roubaix.jpg

ROUBAIX (AP) -- La candidate socialiste Ségolène Royal, qui présidait vendredi soir à Roubaix (Nord) un débat participatif, a réaffirmé qu'elle ferait rapidement voter, si elle était élue, une loi «contre les violences faites aux femmes» «Je voudrais redire ici que les violences faites aux femmes sont inacceptables», a déclaré Ségolène Royal. «C'est la première loi que je ferai voter» en cas d'élection, un texte réprimant ces violences, a-t-elle expliqué après un échange avec Maryline, une femme qui a évoqué à visage découvert ses problèmes conjugaux. Au cours de ce débat sur le thème du logement, Ségolène Royal a par ailleurs proposé d'aller au-delà de sa proposition initiale de construire 120.000 logements sociaux par an et de réquisitionner si nécessaire les terrains dans des communes ne respectant pas le taux de 20% de HLM. Les différents débats, a-t-elle expliqué, lui ont fait prendre conscience que «nous ne sommes pas à la hauteur du problème» de logements en France.

Ségolène Royal fait du droit pour tous à un logement décent une de ses toutes premières priorités.

Dans son discours de voeux, Ségoléne Royal a proposé deux mesures pour répondre au problème des sans-logis :

- une "obligation dans chaque ville de créer une place d’hébergement d’urgence pour 1000 habitants" ;

- un "accompagnement humain pour permettre à ceux qui ont basculé, travailleurs pauvres, femmes seules, jeunes à la dérive, de se raccrocher à une utilité sociale".

La mise en place d'un droit au logement opposable est une priorité pour Ségolène Royal et pour les socialistes.

Si ce droit doit bien évidemment être garanti pour les sanslogis, il doit pouvoir s'exercer plus largement, être universel et bénéficier à toutes populations qui ne sont pas en mesure de se loger seules.

Afin de donner corps à ce principe et pour garantir une "sécurité logement tout au long de la vie", Ségolène Royal a annoncé, lors de ses voeux aux français le 4 janvier, cinq mesures concrètes :

1)Promouvoir un vaste plan de construction de logements sociaux à loyer modéré.

"Deux Français sur trois réunissent les conditions de revenu pour accéder à un logement social à loyer modéré, et pensent que leurs enfants, quand ils se lanceront dans la vie, en auront impérativement besoin."

Il est donc urgent de relancer "la construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui, faute d’obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L’Etat se substituera à la carence de ceux qui s’enferment dans l’égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de logement nécessaires. C’est donc à la puissance publique de jouer son rôle, pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale".

2) Créer un service public de la caution permettra d’assurer les impayés de loyer et d’éviter les expulsions"

3) Mettre "en location les nombreux logements vacants spéculatifs.

Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et (...) les communes pourront procéder à des acquisitions-réquisitions"

4) Favoriser l'accès à la propriété par l’extension des prêts gratuits.

Aujourd’hui, les Français aspirent à la propriété de leur logement. Je veux que ce soit possible et que notamment ceux qui ont fait l’effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant quinze ans puissent accéder à la propriété."

5) Aider, "avec les Régions, (...) à la mise en place d’un programme de logement pour les étudiants et les jeunes travailleurs.

En matière de logement, les français, en particulier les plus modestes, sont confrontés à une insécurité grandissante comme le rappelait récemment Thierry Repentin, sénateur socialiste de la Savoie: "De plus en plus de familles populaires et modestes n’arrivent plus à faire face aux loyers. D’autres ménages sont sur liste d’attente pour obtenir un premier logement ou espérer une mutation pour construire une famille. D’autres enfin sont condamnés à ne pouvoir choisir leur commune de résidence faute d’offre territorialement équilibrée."

Dès le printemps 2006, le Parti socialiste avait plaidé pour que soit inscrit dans la loi le principe du droit au logement opposable. Mais le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, avait alors jugé cette initiative « prématurée et irréaliste ». Le soudain revirement du gouvernement de ces derniers jours, pourrait prêter à sourire s'il n'était pas animé par un simple opportunisme électoraliste.

Ségolène Royal s'était entretenue à plusieurs reprises fin décembre avec les représentants de l'association les Enfants de Don Quichotte au sujet des Sans-Domicile-Fixe. "Il est insupportable,en 2006,qu'il y ait tant de gens qui dorment dans la rue. C’e st d’autant plus révoltant que c’est la même chose tous les ans. Chaque hiver, on fait mine de découvrir un problème qu’on s’empresse d’oublier dès le printemps venu. Et les annonces tonitruantes que le gouvernement a improvisées dans l’urgence n’y changent rien. La question de l’hébergement d’urgence se pose, c’est évident. Mais plus largement, il faut un vaste plan pour lutter contre la précarité. Que la grande pauvreté existe encore dans un pays comme le nôtre, voilà le scandale!" (Journal du Dimanche).

medium_abbe_Pierre.2.jpg