17.04.2008

le gouvernement n'a pas le droit de "casser les familles"

  

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PARIS, 17 avr 2008 (AFP) - Ségolène Royal (PS) a exhorté jeudi Nicolas Sarkozy et son gouvernement à arrêter de "casser les familles" par des mesures comme la diminution des allocations familiales.
    "J'exprime toute mon indignation contre les attaques portées sur les familles", "je dis au gouvernement et au président de la République: arrêtez de casser les familles", a affirmé l'ancienne ministre de la famille lors d'un point de presse à son QG parisien.
    "Le gouvernement n'a pas le droit de s'attaquer aux familles et fragiliser ce qui est au coeur d'une société", a affirme l'ex-candidate à la présidentielle. "La famille est un lieu essentiel de sécurité, d'éducation et de transmission des valeurs".
    "Ca suffit, c'est scandaleux", "je ne laisserai pas casser les familles": Ségolène Royal "exprime cette colère" parce que "les familles n'ont pas les moyens de se défendre contre un pouvoir ultra personnalisé".
    Selon elle, "les familles sont aujourd'hui fragilisées dans leur cinq piliers principaux" et d'abord "par la diminution des allocations familiales", qui "est inadmissible". "Tous les collégiens vont être touchés" par cette mesure "puisque ce sont tous les enfants de 11 à 14 ans dont les familles vont être privées du complément d'allocations familiales".
    "Je sais que la branche famille est excédentaire. Le gouvernement n'a pas le droit de voler l'argent des familles", a-t-elle martelé.
    Le décret sur la majoration unique des allocations familiales à 14 ans, entraînant une baisse des prestations, doit être publié prochainement.
    Selon Mme Royal, les familles sont également frappées au travers des mesures sur la santé: "les franchises médicales et la diminution des remboursements des lunettes et des soins dentaires touchent les enfants ainsi que leurs familles".
    L'éducation est aussi "mise à mal": "la surcharge des classes est la principale préoccupation des familles", argue-t-elle.
    Les familles, selon elle, sont touchées également à travers "la flambée des prix de l'alimentation" et les mesures sur le logement "puisque vient d'être augmenté le plafond pour accéder au logement social".
    em/cgd/ds
        AFP

05.07.2007

Un recul des droits des enfants

Récidive : ne pas faire reculer les droits des enfants

[IMG] Barreaux

Publié le 4 juillet 2007

L'avant projet de loi proposé par le gouvernement français privilégie le répressif au détriment de l’éducatif sans résoudre les problèmes de la justice des mineurs et de la politique des adolescents.

Le Gouvernement entend soumettre au vote du Parlement son projet de loi sur la récidive des mineurs.

Le changement qu’il introduit pourrait, sans mauvais jeu de mots, sembler mineur : le texte ne concerne "que" les jeunes âgés de 16 à 18 ans, lors de la deuxième récidive, c’est à dire à la troisième infraction jugée, auteurs de crimes d’atteintes volontaires aux personnes, de délits avec violence et d’agressions sexuelles. Soit, tout au plus, quelques centaines de jeunes.

Mais, si « les carences de la justice des mineurs, comme le rappelait anonymement un procureur (dans Le Monde du 3-4/06/07), qui met un temps indéfini à prononcer des condamnations différeront l’effet de cette loi, d’ici quelques années, elle fera passer le nombre des mineurs détenus de 700 aujourd’hui à 3000 à 4000 ».

Respecter l'esprit de la Convention des droits de l'enfant

Si le projet est voté, « l’excuse atténuante de minorité » qui, depuis l’Ordonnance de 1945, régit la justice des mineurs. deviendra l’exception : le juge devra motiver sa décision s’il décide d’appliquer cette excuse de minorité. La règle devient l’exception. Puisqu’il laisse la possibilité au juge d’invoquer l’excuse de minorité, le texte n’est pas contraire à la Constitution, et les lois Perben votées entre 2002 et 2004 ont déjà largement tracé la voie d’une approche plus répressive de la justice des mineurs.
Certes, mais il est contraire à l’esprit de la Convention des droits de l’enfant, et donc aux engagements internationaux que la France a pris en ratifiant ce texte en 1990. La Convention des droits de l’enfant (CIDE) est le texte le plus unanimement ratifié.

Dans ses 54 articles, elle énonce les droits qui doivent s’appliquer à l’enfant au nom de son « intérêt supérieur ». La CIDE voit dans l’enfant non seulement un adulte en devenir mais un acteur de la société, aussi vulnérable que vital. Il a des droits pour le protéger parce qu’il est vulnérable et pour lui donner la parole parce qu’il ne l’a pas naturellement dans le débat public.

Elle commence par fixer à 18 ans la frontière de l’âge adulte. Grâce à cette définition internationale, l’Unicef arrache de l’horreur des enfants soldats, des enfants prostitués, exploités dans les pires formes de travail, réduit le nombre des mariages précoces… Au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant, l’Unicef France appelle donc à respecter cette "frontière" des 18 ans et à favoriser une approche éducative pour les enfants concernés.

En juin 2004, le comité des droits de l’enfant des Nations unies, chargé d’examiner la bonne application en France de la Convention, écrivait : « l’évolution récente de la législation française favorise la répression au détriment des mesures éducatives… La France doit ne considérer la détention des mineurs que comme une solution d’ultime recours et pour la durée la plus brève possible ». Les trois quart des mineurs détenus en France n’ont pas accès à des mesures éducatives.

La majorité des jeunes incarcérés le sont dans des quartiers spécialisés de maisons d’arrêt. Tous les rapports décrivent les conditions d’incarcération comme mauvaises ; soumis au régime des prévenus, les mineurs ne bénéficient pas des mêmes droits qu’un condamné (notamment sur les visites), et la perméabilité entre adultes et mineurs dans les prisons les expose à d’évidents dangers, surtout dans le contexte actuel de surpopulation carcérale. L’incarcération des mineurs se traduit par un temps perdu. De l’avis des professionnels, ce sont des temps morts, sans aucun intérêt éducatif. Quant aux Centres Educatifs Fermés, on peut au mieux dire qu’ils sont trop récents pour que l’on puisse correctement en évaluer l’efficacité…

Primauté à accorder aux mesures éducatives

En septembre 2006, pour répondre au projet de loi sur la prévention de la délinquance, la Défenseure des Enfants Dominique Versini rappelait cette primauté à accorder aux mesures éducatives, « en vue d’assurer aux enfants un traitement conforme à leur bien-être et proportionné à leur situation et à l’infraction ». Le Conseil d’Etat a pour sa part invoqué « une réserve d’interprétation » lors de l’examen de l’avant projet de loi, sur la partie concernant les mineurs.

Des pays qui, comme les Etats-Unis, ont de longue date instauré des peines plus lourdes aux mineurs sont en train de tirer un bilan très négatif de ces mesures.

Les articles répressifs ne combleront pas les manques de moyens de la justice des mineurs. Aucune décision personnalisée, aucun suivi individuel n’est possible avec les moyens actuels de la justice des mineurs.

Alors que la politique de l’adolescence ne joue pas le rôle de prévention qui pourrait être le sien, ces mesures qui visent un petit nombre de mineurs n’auront que peu d’effets pour faire reculer l’insécurité.

L’immense majorité des jeunes, 13 à 14 millions d'entre eux, rappelle l’ex-Défenseure des enfants Claire Brisset, traversent l’adolescence sans encombre. Mais, pour les autres, « on ne se donne pas les moyens de repérer la souffrance précoce afin d’éviter qu’elle ne débouche sur la délinquance. La souffrance psychique des jeunes n’est que partiellement prise en compte par la société ».

La souffrance de certains jeunes, en France, est pourtant patente. L’actualité récente nous rappelle que l’on compte 40 000 tentatives de suicide par an chez les 15-24 ans.

Françoise Dolto estimait que l’adolescence était « l’âge de toutes les vulnérabilités ». La jeunesse dans notre pays a besoin de vrais soutiens, non de se sentir représentée comme une classe dangereuse.

L’Unicef appelle donc de ses vœux une réflexion des élus et du gouvernement sur une politique de l’adolescence permettant de lutter contre le suicide, le décrochage scolaire, la consommation d’alcool et de drogues et les autres comportements à risques, qui est la meilleure prévention de la délinquance des mineurs. Car ce n’est pas en faisant reculer les droits des enfants que l’on fera reculer le crime.

Jacques Hintzy, président de l'Unicef France

03.06.2007

Un projet de loi dangereux et contre productif

 SRADSégolène Royal s'oppose au projet d'abaissement de la majorité pénale par la droite qui conduira selon elle à "remplir les prisons avec des mineurs".

Sur un marché parisien, où elle venait soutenir la candidate aux législatives dans la 21e circonscription de Paris George-Pau Langevin, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle a réclamé "plus de moyens pour la justice des mineurs" qui est "dans une situation de misère incroyable" et dans l'Education nationale.

Devant une centaine de personnes massées dans la Maison des arts urbains, dans le Xe arrondissement, elle a défendu à nouveau son idée d'encadrement militaire des jeunes dès le premier acte de délinquance - l'une de ses propositions phares pendant la course à l'Elysée.

"Si on abaisse la majorité pénale comme le prépare (la ministre de la Justice) Rachida Dati, la seule solution ce sera la prison pour les mineurs c'est-à-dire la pire des solutions", a fait valoir la présidente de Poitou-Charentes juchée sur un muret au côté de la postulante à l'Assemblée nationale.

"La loi Dati n'est pas miraculeuse. S'il y avait des lois miraculeuses, elles auraient été votées et surtout elles auraient été efficaces" pendant les cinq dernières années où Nicolas Sarkozy a été à deux reprises ministre de l'Intérieur, a estimé Ségolène Royal.

"C'est parce que la justice n'a pas les moyens de sanctionner le premier acte de transgression que (les mineurs) dérivent vers de la délinquance plus grande et glissent vers une situation d'impunité", a-t-elle déclaré.

La prison les "rend encore plus délinquants" alors qu'il faut une "punition proportionnelle à la petite faute commise", a expliqué Ségolène Royal.

Elle a prôné "des travaux d'intérêt général, des réparations, de l'éducation civique et un encadrement militaire au premier acte" de délinquance "pour redonner aux jeunes le sens des droits et des devoirs".

Dans les prisons, "les mineurs sont tous en situation d'échec scolaire", a-t-elle fait valoir. "La première obligation de la République, c'est de faire réussir tous les enfants à l'école".

Source : Reuters

Just

L'Union syndicale des magistrats juge le projet antirécidive de Rachdida Dati beaucoup plus dur que celui présenté pendant la campagne présidentielle. Le Syndicat de la magistrature craint, lui, que l'individualisation de la peine soit "reléguée à l'exception".

Le projet de loi antirécidive, dévoilé vendredi 1er juin par la Chancellerie, va se traduire par un remplissage des prisons déjà surpeuplées, ont estimé les deux principaux syndicats de magistrats interrogés par l'AFP.

"Le champ des infractions concernées est très, très vaste. Cela va avoir un énorme impact sur le nombre de peines de prison prononcées", a souligné Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).

"Ce texte va remplir les prisons de manière décuplée. Elles vont craquer", pense également Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).

Même si le texte prévoit que le juge pourra ne pas prononcer une peine plancher s'il motive sa décision, "les magistrats, vu leur charge de travail, n'auront pas la possibilité de rentrer dans les détails de chaque dossier" pour justifier leur décision, selon Bruno Thouzellier.

Absence de concertation

"L'individualisation de la peine pour adapter au plus près la sanction est donc reléguée à l'exception, et au mieux à la bonne volonté du juge. Et vu le flux pénal, cette exception restera vraiment tout à fait exceptionnelle", renchérit Hélène Franco.
Ce projet, note Bruno Thouzellier, "est beaucoup plus dur que ce qui avait été présenté pendant la campagne présidentielle" par le candidat Nicolas Sarkozy, qui parlait alors de "multirécidive", alors que les peines plancher vont s'appliquer dès la première récidive.

Les deux syndicats "s'étonnent" aussi d'avoir appris les détails du projet de loi dans la presse, via une interview au quotidien Le Monde de la Garde des Sceaux, Rachida Dati. Ils relèvent en terme identique "l'absence totale de concertation" pour élaborer le texte, actuellement à l'étude au Conseil d'Etat avant un vote prévu cet été.

Source : AFP

24.05.2007

Non à la suppression pure et simple de la carte scolaire

3fe5c296996ff9754b5d9d899764db51.gifLe Parti socialiste condamne l’annonce de la suppression pure et simple de la carte scolaire

Le Parti socialiste rappelle son attachement à la mixité scolaire et au droit à l’éducation pour tous les enfants vivant sur le territoire.

Le Ministre de l’Education nationale Xavier DARCOS est intervenu au congrès de la FCPE ce samedi 26 mai à Montpellier. Le Parti socialiste n’est pas dupe de cette manœuvre électorale visant à faire oublier les effets dramatiques des réformes annoncées par Nicolas SARKOZY.

En particulier le Parti socialiste condamne l’annonce de la suppression pure et simple de la carte scolaire. La droite laisse croire qu’elle permettra le libre choix des parents d’un établissement pour leurs enfants alors qu’en réalité ce seront les établissements qui choisiront leurs élèves. De ce fait, cela relèguera davantage les enfants issus de familles en difficulté.

Le Parti socialiste réaffirme son attachement à la mixité scolaire. Il propose d’aménager la sectorisation scolaire quand elle ne la permet pas, dans le cadre d’une politique active d’aménagement du territoire en faveur de la mixité sociale.

En outre, le Président de la FCPE Faride Hamana a interpellé le Ministre de l’Éducation sur un sujet particulièrement sensible pour les Socialistes : les expulsions de parents sans papiers et de leurs enfants scolarisés. Le Parti socialiste rappelle qu’il est fermement attaché à ce que tous les enfants qui vivent sur le territoire aient droit à une éducation de qualité. Cela nécessite que les conditions de sérénité familiale nécessaires à l’étude soient respectées et donc, que ces expulsions qui font honte à notre République cessent.

Communiqué de Claude ROIRON, secrétaire nationale à l’Éducation du Parti socialiste

25.03.2007

L'appel des quartiers à voter Ségolène Royal

Quartiers

18 mois après les incidents d'automne 2005 qui ont embrasé les banlieues à travers toute la France, la jeunesse des quartiers cherche à faire entendre sa voix dans la campagne présidentielle.

C'est pourquoi un collectif d'associations des quartiers populaires lance un appel à voter Ségolène Royal pour dire non aux inégalités, aux discriminations et à la stigmatisation. Vous pouvez le signer en remplissant la formulaire ci-contre.

"Appel des 500 signatures des quartiers populaires"



Parce que nous avons grandi, travaillé, milité, gambergé dans des quartiers populaires aujourd'hui nous appelons par ce manifeste tous les quartiers de France et sa jeunesse en général à voter massivement en faveur de Ségolène Royal.

Pourquoi :

Parce que les quartiers sont excédés par la façon stigmatisante dont les médias, certains politiques parlent d'eux. On ne nous donne jamais la parole autrement que pour du témoignage.

Les quartiers, les jeunes ne veulent plus être considérés comme une source de problèmes, mais afficher la formidable ressource qu'ils constituent, comme autant de forces capables d'inventer demain comme des partenaires à part entière.

Ségolène Royal reprend les valeurs démocratiques de la République et nous propose d'exercer nos responsabilités de citoyens dans un engagement et une politique différente.

Un engagement de proximité, ou chaque individu est susceptible d'influencer les décisions collectives et d'imprimer sa marque .Pas d'assistanat ; de l'accompagnement ou elle donne de l'air et de l'intelligence à nos quartiers.

Elle sort nos quartiers des cases convenues, du décalage entre vie politique, institutionnelle et monde réel. Elle reconnait et respecte l'incomparable capacité de médiation de nos structures bien mal reconnues jusqu'ici par la sphère institutionnelle.

Aujourd'hui rassemblons-nous : devenons auteurs et acteurs de l'harmonie retrouvée dans nos quartiers.

Pour avec elle dire NON aux assimilations : jeunes, banlieues; délinquance et incivilités.

Pour dire NON à la violence d'une société verrouillée

Pour dire NON a la discrimination; la pauvreté

Pour redonner à la Démocratie; vitalité et intérêt

Pou dire OUI a l'équité des chances pour tous

NON, cette présidentielle ne se fera pas sans nous.

Dans son livre « Maintenant », qui sort le 27 mars, Ségolène ROYAL, répond à une question de Marie-Françoise Colombani sur « les banlieues ». En voici le texte ci-dessous. Dans cet ouvrage en forme d’abécédaire « de A à Z », elle revient à plusieurs endroits sur la question des discriminations notamment à l’embauche, le scandale des jeunes diplômés qui galèrent et du délit de faciès, les ghettos urbains et scolaires, l’insuffisante diversité dans la représentation politique. Elle réaffirme, comme elle l’a souvent fait, qu’elle ne veut plus entendre parler de « 2ème, 3ème ou 4ème génération » pour des enfants qui sont, à ses yeux, aussi français que tous les autres. Elle a par ailleurs indiqué qu’elle était favorable, pour renforcer l’efficacité de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations) au fait de rendre public le nom des entreprises qui ne respectent pas, dans leurs recrutements et la gestion de leurs salariés, l’égalité et la diversité républicaines.

BANLIEUES
Violences, chômage, insécurité… Quel est très concrètement votre plan d’urgence pour les banlieues ?

Vous aussi, vous tombez dans ce piège, ou ce préjugé, de réduire les banlieues à leurs problèmes alors que moi, je veux y voir une partie de la solution du redressement de la France ! Je sais bien que, dans nos quartiers populaires, la vie est difficile, le chômage plus élevé qu’ailleurs, la pauvreté et la précarité aussi. Les jeunes y font tous les jours l’expérience des discriminations, avec ou sans diplôme, ce qui n’encourage pas les petits à s’investir à l’école et tous les autres à faire confiance à la République. Mais ces quartiers, c’est aussi beaucoup d’énergie, de créativité, d’envie de s’en sortir et ça, pour le pays, c’est une chance qu’il faut arrêter de gâcher. Je m’y rends régulièrement, j’écoute beaucoup, je discute avec des jeunes, avec des parents, avec des militants associatifs, avec des enseignants. Je peux vous dire qu’ils ne supportent plus ce regard misérabiliste, cette diabolisation apeurée, ces mots qui humilient alors même que l’État ne fait pas ce qu’il doit, que les solidarités élémentaires ne sont pas au rendez-vous, que la ghettoïsation les enferme. Les banlieues se sont embrasées et rien, strictement rien n’y a été réglé. Les conditions d’une nouvelle explosion sont réunies et elle sera plus violente encore car le désespoir des uns sera plus profond et l’exaspération des autres à son comble. Vous savez, beaucoup me l’ont dit : ils ne veulent pas être assistés, ils veulent des raisons d’espérer, du respect et la possibilité de vivre comme tout le monde, de réussir à l’école, d’avoir un travail qui permet de se projeter dans l’avenir.

Je ne veux plus de ce gaspillage qui nourrit le ressentiment et la colère. Je veux répondre à la soif d’égalité de ces familles et de ces jeunes, garçons et filles, qui en ont assez qu’on leur parle d’intégration comme s’il fallait sans cesse qu’ils prouvent qu’ils sont aussi français que les autres. J’ai, dans mon équipe, des jeunes qui ont grandi et milité dans les cités : ils en connaissent bien les ressources. J’ai travaillé avec Aclefeu, l’association qui s’est créée à Clichy-sous-Bois lors de la révolte des banlieues après l’électrocution mortelle de deux adolescents dont j’ai d’ailleurs rencontré les parents. À travers un tour de France des cités, ils ont constitué des cahiers de doléances dont ils ont tiré un « contrat social et citoyen » qui fait la synthèse de toutes ces attentes et ces propositions. Je me suis engagée sur ce pacte car il recoupe, pour l’essentiel, celui que je propose aux Français.

J’ai indiqué que je mettrai en œuvre dans les banlieues un plan global sur cinq ans, la durée de mon mandat. La plupart des cent mesures de mon pacte présidentiel auront des conséquences très concrètes pour les quartiers populaires et tout particulièrement le droit au premier emploi, l’aide aux jeunes créateurs d’entreprises, les 500.000 emplois tremplins et les emplois-parents, la sécurité sociale professionnelle et le revenu de solidarité active, l’allocation d’autonomie pour les jeunes et la carte santé16-25 ans. Mais aussi les 120.000 logements sociaux par an, des services publics qui fonctionnent, la fin des ghettos scolaires et le soutien scolaire gratuit, les maisons de santé de proximité, la nouvelle police de quartier, le recadrage des jeunes qui dérapent, la justice accessible et impartiale, la bataille sans merci contre les discriminations. Nous y reviendrons, je l’espère, plus en détail au fil de cet entretien.

Tout se tient – la famille, l’école, l’emploi, les sécurité sociales et la sécurité publique. Il faut donc agir de manière cohérente dans tous ces domaines, investir massivement là où les besoins sont les plus criants, se fixer des objectifs de résultats et évaluer chemin faisant l’efficacité de l’action publique pour corriger le tir s’il le faut : c’est comme cela que je veux remettre les cités dans la République et donner aux jeunes qui les peuplent les moyens de prendre leur vie en main. Seule cette politique par la preuve redonnera confiance et courage à ceux qui n’y croient plus ou qui doutent d’eux-mêmes.


Liste des associations

Marie-Pierre "LES BARLOCK" Grande-Synthe, Mairé Jacques U.N.S.A. Paris, FICOT Pierre Réussir Ensemble YUTZ, Marque Pierre Ensemble Autrement, Bougival&Louveciennes Raphaëlle DIGNITE INTERNATIONALE Paris, ROUSSELET Alain Blossières Initiatives Orléans, Chaplet Jerome Bellevilleuse Paris-Belleville, Oulias Abdelali, Référent jeunes, Bautista Séverine, Animatrice médiatrice, Abdi Rachid Formation BTP, Lauté Liliane RMI, Falette Philippe Commerçant, Baffet Sébastien Animateur (pij et cyber) Bellotti Muriel Animatrice enfance jeunesse Abelline Nasser Demandeur d’emploi Tankoul Alam formation Errougni Akim Demandeur d’emploi Cagnac Grégory Maçon Rigler Charles formation Minilla Jonathan Formation Ghziel Tarek façadier Nuredini Sabri Batiment Hamid Hassan Ferhad commerçant Patau Mathieu Intérimaire Galy Perrine étudiante Castagné Damien intermittent Limoges Fabrice Demandeur d’emploi Marchand Jérôme Educateur de sport Benackcha Aziz militaire Boulier Géraldine Animatrice socioculturelle Chhima Samih Libraire Chhima Mohamed magasinier Djebli Kaddour Cuisinier El Bazaoui Mohamed P.V.R Godissait Séverine Animatrice radio Valenti Simon Animateur Canamar Yola Animatrice socioculturelle Guertin Claire Chargé de mission enfance jeunesse Vilon Jean-louis Responsable association éducation populaire Mazères Frédéric Responsable associatif de développement Carrer Patrick Responsable formation Marfaing Mathieu Animateur Mejdoub Hamid Responsable service jeunesse Ouberri Khalid Secrétaire association Oxy’Jeunes Marchand Jérôme Président association Oxy’jeunes Chibli Rachid Animateur Lahlouh Ahmed Entrepreneur

01.03.2007

Ségolène Royal signe le contrat d'AC le feu

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"On a besoin de vous, on a besoin de vos talents", affirme-t-elle à des habitants réunis à la Maison de la jeunesse, où elle a signé le "contrat social et citoyen" de l'association AC Le feu, rédigé sur la base de cahiers de doléances compilés après les violences urbaines de l'automne 2005.

Ce pacte, rédigé sur la base des doléances récoltées en 2006 dans 120 villes de France par le collectif AC le feu, né à Clichy-sous-Bois après les violences urbaines de novembre 2005, comporte 105 propositions "concrètes" sur neuf thèmes comme l'emploi, les discriminations, le logement, l'insécurité.

La candidate socialiste laisse de côté une trentaine de points notamment des propositions fiscales qui lui semblent "irréalisables" ou dont la rédaction pose problème.

"Mon grand chantier présidentiel sera la réussite des quartiers populaires", qui ne sont pas "un problème, mais une partie de la solution aux problèmes de la France. Car je veux que l'énergie des jeunes des quartiers, l'inventivité, la créativité, l'envie d'avancer, constituent un élément fort de la relance de la croissance économique".

Ségolène Royal refuse l’ "assistanat" et la "tutelle" :"Il faut vous demander ce que vous vous pouvez faire. Je m'appuie sur votre énergie, c'est ça mon exercice du pouvoir" et insiste sur le droit au logement ou au premier emploi, la lutte contre la précarité, le soutien aux jeunes entrepreneurs. "Rien ne peut se faire sans vous. J'ai envie que vous réussissiez. J'ai besoin de vous dans cette nouvelle France qui se lève. J'ai confiance en vos talents, vos générosités. Vous pouvez faire beaucoup pour la France".

Elle se dit favorable aussi à la police de proximité. "Chaque fois qu'il y a un acte de délinquance chez un jeune, s'il n'y a pas la première réponse et la première sanction, on recommence".

"On va réussir à renverser l'image de marque, l'engagement que je prends, c'est d'agir vite !".

Ségolène Royal a aussi rencontré des femmes au siège d'une association d'entraide scolaire, dans une cité, avec trois salariés qui aident 80 enfants de 6 à 18 ans à faire leurs devoirs."Je veux que tous les enfants puissent avoir un soutien scolaire gratuit au moment où ils en ont besoin. C'est le cœur de tout, encadrer les enfants pour qu'ils réussissent, et très tôt".

La candidate socialiste s'étonne de "la pénurie de moyens des associations" et estime "capital" de "remettre du service public".

"Les choses peuvent rebasculer très rapidement si rien n'est fait, il faut reprendre les choses à la base".