10.06.2009

ELECTIONS EUROPEENES

Draveil Juvisy.jpgChers amis, 

 

Même s’il n’est guère d’usage de remercier, lors d’une défaite – et celle-ci est particulièrement nette – permettez-moi tout de même de remercier les adhérents DA et militants du PS pour ce que nous avons fait ensemble. Nous nous sommes battus et bien battus, et personne ne peut le contester. Comme en témoigne la liste particulièrement nombreuse des actions de campagne auxquelles nous avons participé. (Liste)


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Aussi, ne nous laissons pas entraîner dans les polémiques sur le vote des adhérents de DA, polémiques qu’une partie de la direction du PS alimente parce qu’elle l’exonère de ses responsabilités et que la presse relaie parce que c’est plus facile que de comprendre comment on fait avancer des idées au Parlement européen.

 

  Le score du 7 juin a de multiples raisons.  En voici quatre :

 

-       L’image calamiteuse de Reims .alors que l’aspiration à l’unité mais aussi à la probité politique est très puissante.

-         Notre parti s’est trompé de campagne et d’électorat, en grande partie pour des raisons d’équilibres internes à la direction. On a voulu faire plaisir au soldat Hamon…et on a tué le soldat Hamon. Aux Européennes, votent les couches moyennes et supérieures urbanisées, et les retraités. Les derniers votent à droite en majorité, les premiers constituent une catégorie volatile mais attachée à un discours européen et allergique à la « vieille gauche ». Notre critique de l’Europe libérale a été interprétée comme une tiédeur à l’égard de l’Europe, impression renforcée, dans plusieurs régions dont l’Ile de France, par la composition des listes. Cohn Bendit a su capter cet électorat, dans un contexte de sensibilisation de masse aux questions environnementales.

-        Nous n’avons pas su utiliser « le Manifesto » dans son aspect le plus novateur : l’esquisse d’un modèle de développement autour de la trilogie : efficacité économique, sécurité pour la sphère sociale, exigence environnementale. Ségolène avait porté ce tryptique. La direction a préféré faire une campagne des années 80, faute d’être capable d’entendre les citoyens et de faire travailler, dans et hors le parti, ceux qui ont des compétences et qui sont tenus à l’écart par un conglomérat de grands féodaux.

-         Nous avons, aussi, c’est vrai, été emportés par un phénomène européen : face à la crise, les droites au pouvoir ont su faire passer l’idée qu’elles incarnaient une stabilité rassurante et qu’elles étaient pragmatiques. N’ont-elles pas repris la régulation à la gauche ? Quant à la sociale-démocratie européenne, c’est peu dire que de Gordon Brown au SPD allemand, elle fait peu rêver !

 

Le seul sujet aujourd’hui : comment sort-on le PS et la gauche de cette situation, sachant que le vote Vert est tout sauf un vote d’adhésion à un programme. Lequel d’ailleurs ? Celui de la décroissance de Cochet avec un impôt supplémentaire au 3ème enfant, l’anarcho-syndicalisme de José Bové, le gouvernement des juges version Eva Joly ?

Trois dimensions doivent être abordées :

 - celle du programme : elle est commune à tout le PSE. Il faut affiner nos réponses, refuser les tabous  et mieux communiquer : ce qui m’a frappé, dans cette campagne, c’est que l’on arrivait à convaincre quand on décortiquait les problèmes et les réponses, qu’on apparaissait pragmatique. Les gens ne supportent plus les slogans et le robinet à produire des phrases toutes faites.

- celle de la méthode pour rassembler la gauche : accord de gouvernement le plus large possible et primaires ;

- celle de la rénovation du parti, parti dans lequel nous devons obtenir d’être respecté pour ce que nous représentons.

 

C’est beaucoup de travail, mais c’est la condition pour ne pas voir la droite gouverner ce pays pour les vingt ans à venir ! C’est ce travail qu’il faut faire, partout où nous sommes : dans le courant comme dans les universités populaires de la connaissance.

                                                    Monique SALIOU

Commentaires

Sept de mes proches, votant constamment PS, ont cette fois reporté leurs voix sur Europe-Ecologie, dégoûtés par cette politique interne désastreuse, qui méprise sa base et oublie sa mission de parti au service du peuple.

Pas de quoi se réjouir de ce résultat calamiteux ?
Un certaine satisfaction amère, pourtant, à voir ainsi sanctionnées les graves dérives de l’appareil du PS, vieux routards cramponnés à leurs postes, inaptes à réformer le parti, à retrouver son assise populaire historique et à penser l’avenir, préférant le suicide du PS à une vraie démocratie de parti, bafouant par deux fois le vote de ses adhérents :
- Lors des primaires refusant la désignation de Ségolène Royal et sabotant systématiquement sa campagne, préférant porter la droite au pouvoir plutôt que de soutenir une candidate qui n’était pas la leur, programmée par leur appareil.
- A Reims, par un déni scandaleux refusant à sa motion majoritaire de porter le parti, préférant un attelage surréaliste, et magouillant le scrutin pour imposer, par un douteux décompte, une secrétaire désormais écartelée entre leurs courants contraires, voire ennemis.
Nombre d’adhérents ne le leur pardonnent pas.

Nous ne voulons plus de ces leaders has been, usés, aveugles : de Jospin, éminence grise, aigri par ses échecs, qui sape sournoisement aux arrières, de Strauss-Kahn gardé en réserve (quelle providence !), de Fabius ni d’Emmanuelli, sans compter Delanoë, et Lang, et leurs “lieutenants” aux manœuvres occultes, des Bartolome et Cambadelis. Ce ne sont plus des “éléphants”, ce sont de boeufs fatigués ! Ils ont oublié notre histoire, ils la bradent dans leurs magouilles d’appareil. Ils se comportent comme si le PS leur appartenait et trahissent ses adhérents.
Leur victoire est scellée ce soir. Honte à eux, à leur incompétence, leur vanité et leur imposture. Nous payons leur malfaisance et leur gestion destructrice.

Depuis le temps que le PS va se « mettre au travail » ! Qu’il va « changer de logiciel » : du vent, du vent, pour amuser la galerie.

Je ne mâche pas mes mots.
Mon indignation est grande, ce soir, ma colère et mon dégoût, devant cette situation insane. Qui aura le courage de renverser cet appareil et de laisser s’exprimer démocratiquement la base du parti, d’organiser une consultation honnête – ce mot même est-il de mise au PS ? Est-il encore temps d’un sursaut ?
Les jours qui viennent vont être cruels, si une révision radicale du fonctionnement n’est pas imposée. Il ne s’agit de rien d’autre que de sauver le PS, s’il peut l’être encore.

A mes yeux, seule Ségolène Royal a légitimité à prendre la relève, la seule à avoir obtenu par deux fois un vote majoritaire des adhérents; la seule à pouvoir redonner l’élan de courage et de droiture qui nous fait défaut. Elle a l’intuition du réel et le sens de l’héritage, tout ce qu’elle a proposé est de nature à rassembler et à retrouver notre électorat populaire, et celui des jeunes. Elle est le seul leader du PS à être cohérente et à avoir l’envergure politique d’une refondation.

Anne-Marie Garat
Adhérente du PS, 3ème arrondissement de Paris
Ecrivain

(Je suis encore outrée, à titre personnel, que ma procuration pour le vote des motions ait été refusée à la section du 3ème arrondissement de Paris, selon la règle, quand des camarades y ont eu droit dans d’autres sections en France. Assez d’être pris pour de la piétaille.

Ecrit par : Anne Marie Garat | 10.06.2009

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